samedi 15 décembre 2007

Trilogie chatrousine

Vendredi matin, montée sur les flancs Est de la Chartreuse pour tenter de skier trois couloirs parallèles repérés par Manu depuis l'autoroute de la vallée. Je les avais vus aussi, lui a poussé le vice jusqu'a venir voir en été si ça passait...


Dixit Manu "ça passe, c'est sûr". journée découverte donc puisque ces couloirs ne figurent pas à notre connaissance dans un topo. Partis des Prés, nous remontons tranquillement jusqu'au col de l'Alpe dans une trace de la veille. Merci à cet inconnu de nous faire économiser des forces (pour la suite :o)



La tactique est d'attaquer le premier depuis le haut, puis une fois en bas, de remonter les deux autres puisqu'on sera aux pieds. Un peu d'hésitations pour trouvrer l'entrée (manu est venu en été...) et zou, on se lance. On verra bien.






On attaque en pente douce, tranquilles tout de même car pas trop sûrs de nous. Dessous des falaises de quelques dizaines de mètres rayent la face. Il faut donc trouver la bonne entrée.




C'est presque ça... On entre un peu trop à gauche, ce qui nous vaut un petit rappel par une boite aux lettres, et dans un a ambiance du tonerre






La suite nous gratifie en grosse poudreuse froide, dans laquelle on se lache un peu plus car nous sommes désormais dans le bon couloir. Enfin on éspère!




Le couloir plonge, mais tourne peu à peu vers l'Est. C'en est fini de la bonne neige, car le soleil chauffe étonamment ce matin, plus que nous le pensions. Le bas est franchement scabreux, il s'en faut de peu pour que nous ne posions pas un deuxième rappel. Dans notre dos, les coulées commencent à débouler, il est temps de s'achapper.


Couloir n°2 : échaudés par notre descente en Est, nous partons vers le couloir le plus encaissé des trois et tentons, comme nous le pouvons, une remontée dans ce bazar. L'épaisseur de neige nous scotche sur place, et nous brassons jusqu'au ventre pour remonter. Je pense quon doit fair du 1 mètre/minute. ça brasse, ça brasse, et nous ne sommes pas trop de trois pour nous relayer.


Celui-ci, nous ne le sortirons pas : sur le haut, un ressaut en glace plaquée sur des dalles nous bloque car nous n'avons ni piolet ni crampons. Dommage...

On redescend en un ouf! les longueurs péniblement gagnées à la montée dans une poudre abondante, et quitte à être là, nous repartons dans le troisième couloir qui maintenant est passé à l'ombre. Et vlan, rebelote jusqu'à la taille. Ce n'est plus du ski, c'est de l'apnée!



La neige n'y est pas très bonne aux endroits ayant pris le soleil. Ailleurs, c'est jusqu'au ventre que l'on enfonce. Les buldozers avancent tant bien que mal, mais avancent.

Un casse croûte et quelques courbes en versant ouest, puis nous redescendons ce troisième et dernierr couloir, alternant neige froide est neige lourde en phase de regel.

Nous nous lâchons finalement dans la forêt gorgée de fraiche qui nous ramène aux Prés.

Les cuisses tirent. Le brassage de ce jour a laissé des traces qui font mal dans le ski technique qu'impose la forêt.

Trois couloirs pour un ski insolie sur ce balcon de Chartreuse. merci aux compères pour cette belle journée découverte, et merci à Manu pour les repérages... "ça passe là, c'est sûr" ;o)

D'autre sommentaires ici

lundi 10 décembre 2007

Aux sources

Premières glisses de la saison en Beaufortain.
J'ai en effet "quelques attaches" là bas, on va dire que c'est un peu mon fief :o) Je n'y avais pas encore trainé les skis cette saison, il était temps de réparrer l'erreur.

Week end poudreuse et feu de cheminée, à vrai dire je pense qu'il y a pire.

L'algorythme etait : ne pas monter trop haut (neige soufflée) et ne pas partir de trop bas (neige humide). entre les deux, une sous couche en béton armée recouverte de 30 a 50 cm de poudre.


Pas de photos de "gros ski" cette fois ci. Des photos des bucoliques alpages, et du ski de chalet en chalet comme seule cette vallée sait en proposer. Je pars avec Julie "grenouiller" au dessus du Planay, joli coin abrité du vent qui permet à Julie de chausser ses raquettes et de profiter de ma trace.






Le ciel est bouché, le soleil perce à peine mais peu importe, le terrain et les sapins posés ici et là se prêtent à merveille à cette ambiance ouatée.

Les quantités de neige deviennent rapidement impressionnantes pour un début décembre. Entre 1300 et 1600m, on passe presque du simple au triple. Pas de trace devant nous, la montagne a décidé d'être déserte.


Passé le hameau de Plan Villard, j'abandonne Julie et pars tricoter au dessus, entre légette du Mirantin et Roche Plane. La trace est fatiguante a faire tout seul mais qu'importe, c'est trop bon pour s'arrêter.
Une classique mais toujours efficace quand la nivologie craint un peu : montée à la cote 2000m depuis La Dray, plongée au nord dans la combe de la Frasse, remontée à Roche Plane, gavade en face sud jusqu'au fond de la combe (oh là là là là, personne avec moi pour les photos???) , remontée à la cote 2000m, retour au Planay par les immenses champs de poudre dominant Plan Villard. Ouf!
Pas une trace. Pas un cm de mauvaise neige. Pas une photo non plus ;o) "ma" vallée m'a fait la fête, en secret ...