dimanche 8 février 2009

Méditation

Alors que la neige tombe et retombe encore, il est bien difficile d'accepter de n'en être que spectateur. J'adore, de temps à autres, sortir skier en forêt lorsqu'il neige : l'atmosphère y est si particulière, tout est fragilement disposé au dessus de nos têtes sur des branches qui au moindre mouvement déchargeront leur flot de poudre froide dans la nuque de l'agité.

Le calme et la légereté y sont requis, et s'y mouvoir sans rompre l'instable équilibre prend la forme d'un jeu subtil contre les forces de la pesanteur. Maîtrise ton souffle.

Cette fois seuls mes yeux jouent ce jeu. La solitude qui d'ordinaire offre le calme m'empêche aujourd'hui de plonger dans ces forêts accueillantes.
Au bord de la scène je l'admire sous un autre regard. Il y a dans ces paysages quelque chose que je trouve magique. L'apparente pauvreté des teintes ne fait que renforcer les effets de matière : de multiples formes s'y dessinent, des textures oubliées apparaissent, ce que l'on croyait connaitre est revisité.



Ce matin j'ai cru entrevoir à ma porte les montagnes du Huang Shan.