vendredi 6 mars 2009

Slayer mon ami


Pendant que les médecins regardaient les radios de ma cheville en faisant la moue, je leur disais que je courrais régulièrement... Alors là ils ont encore plus fait la moue!
Donc le jogging pour moi, c'est terminé, ou alors je risque de le payer cash. Alors quitte à payer cash, autant ne pas se faire mal!
Quand on ne peut plus courrir, le plus simple pour garder la caisse c'est de pédaler. Sur route? Je n'y suis pas encore prêt. Hors route? Hé hé hé... ça faisait longtemps que je voulais acheter un vélo, un vrai, histoire de remplacer le bon vieux Marin de ... C'est chose faite : vive le Slayer. Il parait qu'avec ce genre de truc, on se croirait skier dans la peuf, c'est nounours qui le dit. J'ose à peine le tutoyer tellement il est impressionnant. Et je sais pas pourquoi, mais je suis persuadé qu'au retour d'un belle fissure à Indian Creek, on apprécie de se délasser un peu les mollets dans le même coin.

dimanche 1 mars 2009

Bubu joue du rateau et je ramasse les herbes

Enfin... Enfin de retour dehors, au soleil, à longer la falaise, à chercher la voie, les yeux en l'air, la tête en l'air. Combien de journées de ciel bleu ai-je donné ces temps derniers pour vivre celle-ci? ça me démangeait, ça me grattait, ça me rongeait. Oh vingt zou, ça fait tant de bien...

Il fallait une bonne âme charitable pour emmener pépé au soleil, et c'est Bubu qui s'y est collé. Bubu est comme le blond du Verdon : il est discret mais quand il grimpe, il grimpe. Et il est là.
Alors je laisse bubu faire : je me soucie juste de ma petite cheville adorée et la "marche d'approche" (oui je sais...) de Presles est un tres bon test : un peu accidentée et courte, juste de quoi voir. Bon, ça fonctionne mais mes bâtons de marche seront désormais de précieux alliés. Le pieds est loin d'être sûr.
Allez feu flamme! De toutes façons la voie pour moi ce sera en second tout du long, pas encore le droit à la chutte pour le dos. Alors autant grimper, ça fait trop longtemps que j'en rêve. Je sais que mon bubu devant est costaud, y'a plus qu'à suivre.


Du beau rocher, tout chaud, du gaz qui se creuse, des longueurs fort raides, souvent déversantes. Des gestes qui reviennent doucement, des bras qui chauffent, des doigts qui serrent, des pieds qui pataugent, des gainages en vrac, une main gauche qui me fait chier, des mouvements que j'avais oubliés, des pas ou j'y comprends rien, des oiseaux dans le ciel, du bleu partout, du vent sur les avant bras, des pieds qui crient leur misère, des placements qu'il faut réapprendre, du vide sous moi, peut être de l'appréhension, du soleil, mais qu'est ce qu'il est bon ce soleil, de la neige sur les sommets et nous en t-shirt, de la fatigue qui monte, qui monte, en même temps que nous sur cette falaise enchanteresse, les mousquetons qui cliquettent au baudrier, les longs anneaux de corde qui se balancent sous moi dans le vide, Yves qui monte en palabrant, Yves qui ne palabre plus (ouh là je vais en chier!), le bonheur d'un bout de fromage accroché dans le vide, au loin, très loin, invisibles, toutes les blouses blanches et l'odeur du médical, le vent qui souffle doucement balaye tout, emmène tout au loin. Je suis explosé, occit, décanillé, c'est si bon.

Nous sommes là, je suis heureux. Merci Yves, merci.

Presles, "Durateau est parmis nous", TD+ (6a+,5c,6b+,6b+,6b,6c+,6b)
8 belles longueurs soutenues et bien équipées