samedi 20 juin 2009

Grimpez légers!

Je testais à la pointe Adolphe Rey mes nouveaux jouets, gentiement offerts par Julie et Catherine : j'ai nommé les dégaines Helium de Wild Country.
J'ai mis du temps à accepter l'idée de m'encorder sur un mousqueton "fil". Quand l'équivalent du système keyloc en a équipé certains, j'y ai regardé de plus près. Et puis quand les deux se sont combinés en une version ultra légère (72gr. la dégaine) alors je me suis laissé tenter. Certes ça coute cher mais quelle régalade! Le poids en montagne a toujours été l'ennemi, là il en prends un sacré coup! Des plumes, voilà l'impression que l'on a lorsqu'on les manipule... Vous multipliez le poids d'une plume par environ 40 (le nombre de mousquetons que l'on transporte pour une voie) et vous comprenez vite l'économie réalisée. Cette évolution ne me semble rien d'un luxe car la mécanique dans un sac est toujours ce qui pèse le plus.
Si en plus vous avez quelques problèmes internes comme une colonne vertébrale entammée ou une cheville à ménager alors ce choix vire à l'impératif. Allez, dans 6 mois c'est noël ;o)

Pointe Adolphe Rey - Cache cache


Qu'il était bon ce retour dans le Mont Blanc! De nombreux mois écoulés depuis ma dernière incursion là haut, de nombreuses choses vécues. A l'inverse, là haut, tout semble immuable: c'est peut être aussi pour ça que l'on y va.

Initialement partis pour le Grand Capucin, les caprices du ciel nous contraignent à un objectif plus adapté à une éventuelle retraite précipitée. J'avais il y a quelques années effectué la voie Salluard à la pointe Adolphe Rey, et j'avais repéré une cordée d'italiens pas loin dans une voie qui semblait fort belle.

Lorsque, plus tard, je découvrais que cette même voie était signée d'un des maîtres du massif - Romain Vogler- il sembait nécessaire d'aller y traîner les santiags.


5mn d'approche à skis en grandes courbes sur la moquette du matin, un petit coup d'oeil au Grand Cap et nous sommes à pieds d'oeuvre.

Les hypothèses de départ se confirment très vite : passés les 10 premiers mètres un peu salis par le retrait glaciaire, le rocher devient vite excellent.


Du beau granite rouge, des envolées de fissures, un soleil finalement généreux : ne serions nous pas en phase de bonheur intégral?





L'escalade dans cette voie est vraiment de toute beauté, et pas un seul mètre n'y serait à jeter. Curieux que Piola dans son topo ne soit pas plus éloquent que ça à son propos, elle mérite à mon avis plusieurs étoiles.

On confirmera dans cette voie que Vogler était vraiment un grimpeur de fissures : le 6c dalle de L3 est presque une rigolade par rapport au 6c fissure de L4.

Si je n'en retenais qu'une, ce serait les magnifiques 45 mètres de L5. Il est juste curieux que lors du rééquipement manifestement récent, quelques spits y aient été placés là où un #5 aurait fait l'affaire. Mais bon, ça ne change rien à la qualité de l'escalade.

La dernière longueur est presque une caricature : une arête aérienne sur un rocher qui d'un coup devient aussi sculpté que le granite corse : de véritables vasques me rappellent le haut du "Dos d'éléphant", quelques knobs en plus et la mer en moins.
Allez, j'espère vous avoir donné envie d'aller crapahuter dans cette très belle voie, qui peut se faire à la journée avec la première benne. merci Mr Vogler!!!
Cache cache, 250m, ED
6a,5+,6c,6c,6b+6a
Prévoir un jeu complet de camalots jusqu'au 3.5, doubler les tailles 0.5 et 0.75
Descente en rappels dans la voie

lundi 15 juin 2009

L'après tête d'Aval...


A quoi ça ressemble?
ça pourrait ressembler à du beau calcaire, encore et toujours, dans cette si verdoyante vallée de la Durance...
ça pourrait ressembler à la falaise du Ponteil où, après six longueurs dans la voie "la pluie" nous redescendons sans demander notre reste encore un peu occits de nos aventures de la veille.

Où alors ça pourrait ressembler aussi à la ventrée de bonnes choses dégustées au mariage des amis le vendredi soir : du bon canard après les rations d'écureuil ingurgitées entre deux relais, c'est bon pour les papilles!
Où alors ça pourrait ressembler à ça : un décrassage en règle perchés sur nos vélos, cheminant dans les odeurs florales des alpages où les vaches préparent le fromage du millésime 2009.Allez y mes petites, brouttez, brouttez, on vous attend!









Et si enfin ça ressemblait à ça???
(Document unique - Archives Epeda)





Rank Xerox enfin vaincu!



Il m'aura fallu trois tentatives, pas moins, pour enfin aller en haut de la tête d'Aval. Il y a trois ans : mauvais timing, redescente aux deux tiers de la voie. Il y a deux ans, grosse fatigue, redescente au deux tiers de la face. Cette fois-ci ne pouvait pas nous échapper. Je reprends donc les choses où je les avais laissées avec jeff, et c'est surmotivés que nous bivouaquons aux pieds du géant de calcaire.

Afin de ne pas refaire la première partie de la voie que nous avions déjà faite, nous partons dans la voie "La mémoire de l'eau" et au dessus de la grande vire, nous rattrapperons la derniere section de Rank Xerox. Parcours qui n'a rien d'une promenade de santé.


Attaque de la voie à 8h30, seuls les oiseaux semblent avoir remarqué notre présence. La face est large et haute, nous ne pesons pas lourd au milieu de tout ce tas de cailloux.

Rapidement l'escalade devient fidèle à ce que l'on vient chercher lorsque l'on grimpe à la tete d'Aval : un rocher raide, de très bonne qualité, où d'une longueur à l'autre les styles changent radicalement : tu aimes les fissures? tu en auras. Tu aimes les gouttes d'eau, tu en auras aussi. Il suffit de grimper.


Les longueurs s'enchainent les unes après les autres, jamais décevantes. Ici, il faut s'économiser au maximum car ce sont bien 500m. de grimpe qu'il va falloir dérouler, avec quasiment aucun "temps mort" même si la paroi est entrecoupée de deux vires où l'on peut s'allonger dans l'herbe. Aux deux tiers de la face, le "terrain de foot" où la majorité des voies s'arretent. Pour nous, il faut se remotiver (merci jeff pour ce merveilleux jambon noir!), remettre les chaussons sur des pieds endoloris, et encaper les 7 longueurs de la partie sommitale.




ça crie, ça geint, mais ça grimpe quand même et plus on monte plus c'est bon. Le rocher de la partie du haut est tout simplement superbe, et j'imagine que la même falaise un peu plus "accessible" serait absolument couverte de spits. Ici, seules 2 ou 3 voies parcourrent cet immense bouclier de dalles. Avis aux ouvreurs courageux!



Heureusement que le jeu en vaut la chandelle : nous avons 500metres d'escalade dans les jambes, mais la beauté du rocher les ferait presque oublier.


Puis le sommet, enfin.

Alors si vous ne connaissez pas la tete d'Aval, allez-y. Sans forcément sortir au sommet, la majorité des voies ne font "que" 300 mètres. Rank Xerox en fait 500 et c'est une valeur sûre.

Pour la logistique, je conseille de dormir la veille au parking (paisible). Possibilité de monter à la falaise en économisant le poids de l'eau : source a mi chemin + résurgence aux pieds des voies.

P1, La mémoire de l'eau, ED, 300m
6b,6c,6b,6b,6a,5,6b+,6b,6b+,4. Attention, effondrement sur la fin de l'avant derniere longueur (relais emporté), un BD#0.5 est utile. Relais confortable au 3eme point après, sur spit+sangle/becquet.
P2, Rank Xerox, ED, 200 derniers metres
6b,6b,6a,6a,6b,6b+,5
Compter 11 heures de l'attaque à l'attaque avec une pause au millieu