mardi 23 février 2010

Couloir De Profundis au Pecloz


Une ambiance !
Voila ce que je venais chercher ici, dans cet étonnant couloir De Profundis dans la face nord du Pecloz. Une gigantesque diaclase raye toute la face. Le haut est skié depuis assez longtemps, le bas l’est moins. Tardivel en réalise la première connue en 2004, en partant du bas, et rejoint la « grande faille » du haut par une délirante traversée du « M ». J’avais repéré cet itinéraire lors de son ouverture, en me promettant d’y aller voir un jour, ne serait ce que pour l’ambiance. A posteriori, il y a effectivement de l’ambiance.

Passés quelques kilomètres de ski de fond (les seuls ou vous userez vos peaux) on prend pied dans une gorge dont on ne donnerait pas cher si on ne savait pas que « c’est la ». Les premiers cent mètres se tentent skis aux pieds selon la portance de la neige.

Ensuite, les skis sont mis en bandoulière, et c’est parti pour un brassage en règle. Ce jour la, nous ne sommes que deux, nos cuisses et l’horaire s’en ressentiront !

Un premier verrou : la cascade de glace. On s’en échappe par la gauche via un passage mixte dans lequel, bien providentiellement, pends une corde fixe. Heureux toi qui dans le fond de ton sac aura un prussik, tu remonteras presque tranquillement. Pour les autres…Le haut permet un relais sur arbre pour assurer le second.


S’ensuit une traversée plus qu’exposée ou les arbres permettent de bons assurages naturels. On rejoint alors le bord du couloir, un rappel de 20m. sur arbre permet de reprendre pied dans le couloir, au dessus de la cascade.









Le brassage reprend, plus féroce que jamais. Neige au ventre, il faudrait une pelle à chaque
main. Il faudrait sans doute aussi 8 mains.









La suite du festival continue avec le passage de « la chatière », astucieuse rampe qui permet de sortir de la gorge par la gauche au moment ou celle-ci se referme. Au dessus, des pentes bien chargées et fortement exposées nous donnent accès à la faille De profundis. Brasse coulée intégrale.





Nous débouchons alors sur la première tête du « M » et redescendons de l’autre cote, en un rappel non obligatoire (neige). Nous remontons en face, rejoignons la deuxième tête pour plonger de l’autre cote dans une impressionnante goulotte large d’1 mètre par endroits.










En fait ca passe très bien. En ligne de mire, la seconde partie de la diaclase ou « grande faille ».




Ce passage du « M » est vraiment esthétique et pour le moins original : j’ai fait de la montagne, mais un terrain comme celui-ci, jamais ! Nous y sommes de plus accueillis par un rayon de soleil qui sort tout juste et qui nous fait vraiment du bien. L’heure tourne…


Dernière remontée dans la grande faille, nous stoppons a sa sortie. L’heure a trop tourné pour le sommet, nous débouchons du couloir à 15h30.

Nous décidons à ce stade que nous ne skierons pas l’intégrale à la descente : il est trop tard et nous sommes fatigues d’avoir trace du bas. Nous savons qu’il y a deux branches du « M » à remonter et que, même si nous avons un peu déblayé lors de notre passage aller, il faudrait quasiment tout retracer au retour. Et puis les pentes suspendues au dessus de la chatière, en y pensant, ne me disent rien qui vaille.

Soit : nous ne skierons « que » la grande faille, mais ca nous suffira. Certes on ne trouve pas ici du grand ski vu l’étroitesse du bazar ! En revanche, avouons que le lieu ne manque pas de caractère.













Et si ce couloir était le (très) petit frère d'un autre monument du ski de couloir???



Du pied de la grande faille, nous repeautons pour remonter à l’épaule nord, et plongeons dans la face nord pour rejoindre le bas. Cette partie de la descente était nerveusement peu agréable : des pentes raides, chargées, des passages pas évidents du tout à négocier (peut être n’étions nous pas exactement au bon endroit ?). Rétrospectivement, nous aurions du remonter au sommet et descendre par la classique face sud. Mais une fois dans les pentes nord, c’est un autre raisonnement : on s’en échappera plus vite par le bas qu’en y zigzagant pour remonter… Passe le stress du haut, c’est du bon ski.

Cette fois ci c’est passe. Par contre, accéder à la grande faille en passant par là me semble être une belle galère. Y accéder du haut ? Oui, à condition de trouver l’entrée de la faille. Bref, a vous de juger. Retour a 18h45 au parking, juste avant la nuit, uses et contents. Je n’ai pas souvenir d’avoir un jour autant brasse dans un couloir

Descente intégrale ou pas, je conseille cette « course » : n’ayons pas peur du mot, il s’agit bien la d’alpinisme. Pas difficile certes, mais d’alpinisme quand même. Cette faille est unique, elle vaut le détour, d’une manière ou d’une autre. Pour le matos, prenez de vrais crampons et un vrai piolet par personne, un prussik, une sangle. A la montée, le rappel fait 20 mètres. A la descente, si vous descendez l’intégral, un relai rive gauche avant la cascade permet en 30m de la franchir. Bonne visite !

lundi 22 février 2010

Cigares au Foiroux


Du ciel gris, pas beaucoup de temps et l'envie de sortir les pioches? Si vous n'êtes pas loin, je vous conseille le vallon du Foiroux sous le col des Aravis.

Une falaise de schiste en dévers donne naissance à un ensemble de rideaux/cigares, qui, à 15 mn. d'approche, se révèleront être un excellent lieux pour passer une demi-journée tranquille à grimper.
Quatre ou cinq lignes de 50 mètres max, plutôt dans le grade 5, des relais sur les arbres, voilà tout est dit!


Le chauffage de bras y est garanti!