samedi 24 juillet 2010

"Face au large", joyau du Mont Blanc

" Face au Large" est une oeuvre de Michel Piola, qui parcourt la face sud ouest de la Varappe en son centre, en plein dans le bastion et les énormes surplombs qui le strient.


En grimpant "Et je suis le vent", sur la gauche de la face, nous ne pouvions qu'être happés par cette voie et l'ambiance du bastion.



Nous y sommes donc retounés, pour grimper "Face au large"









Autant le dire tout de suite, on est la dans la catégorie des voies hors concours... Il y a les voies ****, et puis il y a celles ou les étoiles ne suffisent plus.


Quelques longueurs dans le socle, pas des plus simples, et puis c'est parti pour une envolée de toute beauté dans l'immense et imposant bastion de la face.La le granite y est tout simplement ahurissant, assez loin de ce que j'ai pu voir jusqu'ici dans le massif du Mont Blanc.



Je ne suis pas certain de m'étendre en commentaires, car a part multiplier les superlatifs, je ne saurais trop quoi dire. Granite du Mont Blanc? en est on certain? quelle voie! MAIS QUELLE VOIE! Assurément une des plus belles voies que j'ai pu faire au mont blanc, une des plus belles voies que j'ai pu grimper jusqu'ici. Une escalade lumineuse, une journee exceptionnelle comme celle dont se souvient 20 ans plus tard.


Ici il s'agit de grande escalade, de belle escalade à laquelle tout grimpeur de granite ne l'ayant pas parcourue doit désormais penser. Débrouillez-vous : vacances, week end, nuit, jour, débrouillez vous mais allez grimper cette voie, et dites m'en des nouvelles.


Une voie miraculeuse.
400 mètres, ED, 6b+ obligatoire
6a,6b+,6c,6a+,4a,6b+,6b+,6c, 6b+,6b,6a+
Prévoir un bon jeu de friends et coinceurs, avec 2#3 et 1#3.5. Dans L8, un relai intemédiaire (spit + sangle) est pr2sent mais le vrai relai se trouve 8 mètres au dessus, dans une belle niche confortable. La descente en rappels est possible éais je conseille de descendre par les rappels de "Eole danza per noi", c'est bien plus confortable.
Ju, Figolu, merci pour ce beau voyage au long cours.

Le dos du Menhir


L'envers des Dorées propose quelques courtes escalades pour les journées de semi-repos. Ainsi en est-il aux contreforts sud de la Sans Nom.
Nous y grimpons le Dos du Menhir, voie cheminant le long d'un monolithe de granite posé en équilibre le long de la paroi et dont j'éspère être loin le jour ou il décidera d'achever sa course vers le sol.


Nous étions venus avec le pack de coinceurs, comme d'habitude. Curieusement cette voie est équipée, elle me rappelle sa voisine "Retour d'Afrique" parcourue il y a quelques années, elle aussi équipée.



Encore une fois, un rocher étonnant, même si sur l'ensemble de la voie on n'est pas dans le registre de l'aiguille de la Varappe.


Dans L3, un étonnant 6c vaut le détour, avec un départ en fissure arrondie sur du granite lisse qui n'est pas sans me rappeler le rocher du Yosemite... A la différence près qu'ici c'est spité.


















Quelques rappels plus tard, nous rejoindrons Figolu qui sort de sa cinquième sièste de la jounée, le bougre!

L'envers du menhir (une voie pour Breton), TD+, 200m.
6a,6a,6c,6a,6a
Prendre 4 Camalots : 0,4 > 1

jeudi 22 juillet 2010

Dans un écrin doré


Fantastique!

Se peut-il qu'il fut caché ici, le plus beau spot d'escalade du massif du Mont Blanc?

Aiguilles Dorées, face sud...









Un vaste cirque sud, gorgé d'un soleil cuisant et recuisant à foison le granite alentours, une "cabane" comme seuls les Suisses savent en proposer, un calme absolu loin des hélicos et autres bruyants coucous habituels du massif : bienvenue à l'envers des Dorées pour une splendide semaine d'escalade.


J'etais venu passer quelques jours dans cet endroit, il y a des années: Je gardais un souvenir ému de l'ambiance du lieu et de la qualité du granite alentours. Depuis tout ce temps je projetais ce retour, incontournable. Armés de 6 jours de nourriture et de camalots trépignants, Ju, Figolu et moi montons nous y ressourcer à la faveur de ce beau mois de juillet.


Ce lieu, meme en plein juillet, reste miraculeusement calme. Ici, il faudra le vouloir pour trouver du monde dans les voies. Approche longue ou sejour dans cette cabane non gardee, il faut choisir et ceci dissuade apparemment pas mal de grimpeurs. Tant mieux pour nous.

Le meilleur accès me semble être de partir de Champex, ou le télésiège de la Breya permet d'économiser quelques centaines de mètres de la longue marche précédant le bonheur... Du haut du télésiège, bien chargés, nous mettons 4 heures pour rejoindre la cabane.

Celle-ci se divise en deux parties : l'une, soumise à réservation, propose tout le confort Suisse sauf la nourriture. De quoi cuisiner, dormir, se prélasser... le nec plus ultra? dans le plancher, une trappe. Sous la trappe, une cave. Dans la cave, des frigos. Dans les frigos, au choix . Bière? Rouge? Blanc? j'aime les suisses!!! Il faut prendre la clé dans la vallée pour accéder à cette partie de la cabane. L'autre partie, plus calssique, es tun bivouac avec couchage. Grimpe difficle ou grimpe facile? Rando glaciaire d'été ou à ski de printemps, une visite s'impose.







Pour réserver et payer, vous trouverez toutes les infos ici.
















Nous, un peu hors du temps, nous serons les passagers de cet abri quelques nuits durant. Au calme, au si bon calme de la montagne...

Et l'escalade alors, et l'escalade?

Ahhh, l'escalade... Un rocher incroyable, comme je n'avais pas encore rencontré dans le Mont Blanc : des taffonis corses, des fissures dignes d'Indian Creek, des knobs du Grand Capucin... Comment vous dire ça??? Des voies exceptionnelles, tout simplement, qui remisent assez loin au classement pas mal de spots du massif. Et encore une fois, encore une fois, l'oeuvre du génial Michel Piola, signant ici des lignes d'un esthétisme et d'une intelligence remarquables. Merci à toi pour ces cadeaux, merci 1000 fois.


La suite sera en images, au travers des 4 voies parcourues ce séjour.


Il y aurait dû en avoir une cinquième, sur le retour, au petit Yosemite local alias le petit clocher du Portalet... Et puis pour cause de Sportiva volatile, nous nous contenterons d'une et une seule longueur dans ce monolithe ahurissant, avec déjà des idées sur ce que nous y ferons et ou nous bivouaquerons pour notre prochain séjour.

Allez,quelques compte rendus ci-dessous...

Aiguille Sans Nom : Don Quichotte



La face sud de l'aiguille Sans Nom est directement adossée au refuge. L'approche est donc des plus rapides, puisque en quelques enjambées on est aux pieds du bazar.

Ce cirque plein sud chauffe dés le matin, garantissant des escalades possibles en string toute l'année... Non, là je m'égare un peu.











La première longueur nous colle rapidement au boulot. J'ai l'honneur d'ouvrir le bal et ce 6b de bon matin me réveille les zygomatiques de manière "appuyée".



Quelques pas, et puis c'est parti pour un run-out dans une large fissure improtégeable. Moi, à peine éveillé, un peu secoué par l'altitude, je ressors de L1 en halletant comme si j'avais piqué un 100 mètres. ça promet pour la suite.


Rien de bien méchant en réalité, car c'est bien L1 la plus difficile. Ensuite plus on monte, plus ça se calme.




On découvre rapidement que l'on est dans un véritable nid, que dis-je, une nursery à beau caillou.
C,est du Mozart!






Stupéfaits par un passage digne des plus beaux taffonis Corses, nous entonnons un hymne d' I Muvrini, la main sur l'oreille. Dans ces conditions, difficle de grimper.


















Et ça déroule, granite fauve, fissures et rocher sculpté : mais ou sommes nous donc tombés???


















Bon, voici une très belle voie, très bien pour se mettre au diapason du lieu. Pour l'équipement, RAS si ce n'est une curieuse dalle improtégeable et improtégée à L6



Don Quichotte, ED-, 300 m.

6b, 6a+, 6b, 6a/A0, 5b, 5a, 6a, 6a, 4



Aiguille de la Varappe : Et je suis le vent


A 45 mn. du bivouac, la face sud ouest de l'aiguille de la Varappe.
Majeur! Que dire d'autre? C'est là que nous avons trouvé ce granite "absolu" de l'Envers des Dorées.
Les couleurs, le profil, la structure... tout y est, dans des itinéraires qui commencent à présenter une certaine ampleur puisque tous dépassent les 400 mètres.


"Et je suis le vent", une voie de MiPi, se déroule sur la gauche de cette belle face.






Petit matin frisquette et c'est parti pour 400 mètres de pur bonheur. Essentiellement en fissures, cette voie nous enchante de A à Z, avec un caractère presque " montagne" dans la section intermédiaire.




























Quelle voie ! Plus on monte plus c'est beau. Passées les longueurs du socle, le rocher sur le bastion de la face est tout simplement un miracle de géomorphologie. le grimpeur y glousse! Nous y gloussons! Equipement irréprochable, cheminement logique : quelle classe!
La journée se déroule, ensoleillée et riantem, autant que nous visages vu la qualité de ce que nous grimpons. Le plaisir est immense.
Sommet, pause, fromage, sourires, rappels, retour... Quelle escalade. A consommer de toute urgence.
Et je suis le vent, ED-, 400 m.
6a+, 6b, 6b+, 6b, 5b, 6a, 6a+, 6a, 6b+, 6b, 6a+
Prévoir un jeu complet de coinceurs, doubler tailles moyennes, Camalot #3.5