mardi 7 septembre 2010

Au diapason du maestro

Tout musicien rêve un jour de croiser le plus grand compositeur et, le temps d’une sonate, de l’accompagner dans une de ses créations. Ceux qui lisent souvent ce blog savent quels sont les compositeurs que j’admire, et savent qu’il en un dont les notes virevoltent au dessus du tumulte de l’orchestre. Haut, très haut perchées dans les aigües…

Moi qui croyais savoir grimper, j’ai décidé de retourner à l’école. D’aller me faire expliquer les partitions que je croyais savoir, les notes que je pensais connaitre. Il aura fallu du temps pour que la leçon s'organise, puis enfin, elle a lieu.


Qu’ai-je donc appris de l’escalade ?
Un univers s’est ouvert a moi, fait de travail, de charges lourdes, de poussière, de portage, de bricolages, de hissage, d’ingéniosité, de blocs qui volent, de dépense… mais aussi de passion, d’enthousiasme, d’altruisme, de perfectionnisme, d’énergie, de désintéressement.
 
J’ai compris pourquoi toutes les sonates ne se valent pas, et pourquoi le simple nom d’un compositeur peut dans de rares cas suffire à évoquer l’harmonie parfaite, le son absolu vers lequel l’oreille tendra sans nulle inquiétude. Avec volupté et délice.
 
 
La haut, bien au-dessus de l’orchestre, dans le grand auditorium des Aiguilles Rouges, le compositeur a sorti son archet et m’a offert un récital, m’invitant même à y participer. Je m’étais toujours interrogé tant sur l’art de la composition que sur le sens à y donner : j’ai désormais commencé à comprendre. J’ai tenté de suivre, deux jours durant, le maestro dans son élan de création. Volonté d’apprendre ? Peut être… Souhait d’aider, pour une fois ? Certainement… C’est le moins que je pouvais faire. Son stradivarius est un perfo Hilti, ses notes des broches scellées.
 
Il a composé durant ces trente dernières années ce que l’Alpe contient de plus belles voies, et a posé ses notes ici ou là aux quatre coins du globe. Presque tous les continents ont un jour entendu son stradivarius, et il est sans doute peu de grimpeurs au long cours qui n’ait un jour scruté avec envie l’une de ses compositions..
 
  Et pourtant, tout a semblé si simple, si agréable, si naturel. La passion intacte, l’envie chevillée à l’âme, l’imagination galopante.

Michel Piola est un montagnard hors norme, dont le talent n’a d’égale que la simplicité .

A tout bientôt pour une nouvelle partition, peut être dés cet hiver si mes skis me laissent tranquilles ?…



Merci Michel pour cette leçon, et bravo.