samedi 31 décembre 2011

2012... sacree 2012....

Depuis le temps que je t'attendais, tu te decides enfin.
Quelle annee qui s'annonce! Exceptionnelle, a n'en point douter!


Un jour nouveau, une annee nouvelle, pleine de promesses.
Bonne annee a toi qui me lit, qu'elle soit lumineuse!

mercredi 28 décembre 2011

Promenade digestive au soleil

Nous en sommes tous la : en cette periode de fetes et de delices, il faut savoir s'echapper quelques instants pour profiter de l'hiver et se remettre les boyaux en place. La periode de beau temps semble de plus toucher a sa fin, il fallait donc en profiter avant la mousson qui arrive.


Envie de soleil. Belle neige, beau temps, mais ou sont donc tous les vacanciers ?!?


Pas dans ce vallon desert en tous cas. C'est a peu pres aussi peuple que le Gobbi.


Entre Isere et Savoie, la nivologie semble etablie : a basse altitude, poudre froide ou transfo/croutee si le soleil a commene son oeuvre. Au dessus, le plein sud est transfo, mais devient tres rapidement poudreux des que l'on vire de quelques degres. Enfin sur les cretes, le nord a pris le vent donc c'est plutot tasse que poudreux.


Nous prendrons donc l'option transfo/poudreuse a la montee, tranquilles au soleil de beaux versants Sud et Est.


Puis nous prendrons l'option poudreuse pour la descente en versant Nord puis Est.
C'est terrible quand ca dure 1600 metres en debut de saison, car ca chauffe les cuisses! Tres bonnes conditions ce jour en nord Belledonne, ou les 20 cm. de poudre sont tranquillement poses sur un fond dur et n'attendent que d'etre skies.
En esperant leur avoir fait honneur.

Et puis... Good bye Mega-Ride et merci.
La suite s'annonce encore plus belle, en blanc, noir et jaune...

lundi 19 décembre 2011

Une virgule pas a sa place

En syntaxe, la virgule ne se met pas au debut. Pour preuve la phrase precedente. Si je l'avais commencee par une virgule, (virgule) ca n'aurait eu aucun sens. Je vais a present demontrer que le ski et la syntaxe sont deux disciplines qui n'ont rien a voir.

A l'inverse de la syntaxe, la virgule se pratique tres bien positionnee en debut de saison hivernale, pourvu que les conditions s'y pretent.


Voici donc une Chartreuse gorgee de neige. Vu l'epaisseur a Saint Ismier, nul doute qu'au dessus ca serait rempli, et abondamment. 


Donc : foret et pente, qui constituent les ingredients necessaires pour oeuvrer les jours de grand blanc grande neige.


Puisque le local de l'etape est passe devant nous ce matin, la trace est deja faite (merci ma poule;o). Ca tombe bien car je traine ma creve comme un vieux tubard, a moins que ce ne soit le calva de la veille qui decante...


Une virgule remplie a ras bord, une foret platree de haut en bas.


Bref : la virgule se prete tres bien a un positionnement en debut -de saison- comme quoi le ski et la syntaxe n'ont rien a voir. Je sais, je sais, mon raisonnement est un cheveux tire par les poils, a moins que ce ne soit l'inverse. En tous cas ca fait pas rire les abeilles.

samedi 3 décembre 2011

Epilogue : ou est mon Eldorado

On l' a vu ici : Moab et ses alentours, dont Indian Creek, est souvent considere comme une Mecque. Mecque de la fissure, Mecque du vtt, Mecque de tout! Pour que l'appreciation soit complete, il fallait donc tester l'autre vitrine de Moab: le vtt. Tout vttiste a entendu parle de "slick rock trail" et j'avoue que nous etions curieux d'y pedaler. Mais d'ou peut venir une telle reputation?


A posteriori, je dirais que ca vient surtout d'une grosse promo marketing comme les US savent si bien les faire, et d'une espece de complexe larve des francais qui souvent s'imaginent qu'aux US, "c'est forcement mieux".


Alors certes, "slick rock trail" propose un parcours d'une reelle originalite puisque ca roule sur des domes de Gres. En revanche, du point du vue purement "roulage" c'est franchement pas top : les sections ou le rocher est aussi lisse qu'un tobogan sont excellentes, mais malheureusement trop rares. Le reste du temps, c'est surtout trialisant ce qui n'est pas ma tasse de the. Vive les single du plateau d'Emparis, et tant pis pour les complexes!


Et la grimpe alors, et la grimpe? Cadre fantastique, fissures d'enfer, paysages grandioses... Eldorado?
That was the question.


Et bien non! Indian creek a beau etre une belle destination de grimpe je n'y passerais pas ma vie. Plus j'accumule les experiences de voyages verticaux, et plus je parviens aisement a mettre un nom sur mon Eldorado. Et plus j'y reflechis, ou plus je le pratique, et plus ma conviction que nous avons ici un veritable paradis a portee de main. Que ceux qui ont la chance de pouvoir voyager voyagent. Que ceux qui n'ont pas cette chance la se consolent. Mon paradis est resolument, assurement, amoureusement le massif du Mont Blanc. Je n'en finis pas de m'emerveiller devant ce qu'il nous permet et nous offre. Paysage exceptionnel, rocher d'anthologie, escalades magiques. J'assume a 200% preferer grimper aux Aiguilles Dorees que sur El Capitan. La richesse du granite du Grand Capucin vaut pour moi tous les Indian Creek. Plus de complexe : la Mecque n'est pas si loin que notre imagination aimerait le croire et que le marketing aimerait nous le vendre. Mont Blanc forever! Aimez le, respectez le, ce massif est un tresor. Vivat!

mercredi 30 novembre 2011

La fissure en folie


A quoi tient la reputation d'un site d'escalade? Qu'elle soit locale ou qu'elle soit mondiale, a fortiori mondiale, elle tient souvent a une voie, a une maigre voie qui pour une raison ou une autre a construit une legende autour de son aura. Reflechissez, vous verrez... Yosemite?... le Nose. Ceuse?...Biographie. Buoux?... La rose et le vampire. Trango?...Eternal flame... etc. etc. on pourrait continuer la liste pendant longtemps.

Cette liste passerait forcemment par Indan Creek... et sa "Supercrack".


"Crack" en anglais signifie "fissure"
A Indian Creek il y a "Supercrack", il y a "Incredible hand crack" et puis il y a les autres voies.


Prenez un mur vertical de 50 metres de haut.
Passez y de haut en bas un coup de disqueuse
Ecartez les deux morceaux de 10 cm
Rameutez tous les #3 que vous pouvez trouver, prenez meme les vieux qui grincent
Grimpez


Ici c'est le regne absolue du verrou. Ne cherchez pas a tricher : de "prises", au sens francais du terme, il n'y en a point.


Fissure unique, rectiligne. Bords resolument parallele. 
Plein de nains planques au fond qui vous repoussent.


D'aucun diront que la taille de la main joue en faveur ou defaveur selon les individus. J'aurais tendance a croire que, comme toujours, c'est la technique qui fera surtout la difference.


Ca broie les pieds, ca broie les mains.


Allons, allons, restons serieux, ce n'est qu'un modeste 5.10...


Et dire que les premiers grimperent ca sur Hexcentrix!


Pour finir, quelques numeros 2 et des bords qui s'arrondissent. ca fait moins mal aux poignets, ca n'est pas pour autant plus simple!

Et puis il y a l'autre star : "Incredible hand crack", au nom si evocateur.
La encore, un modeste 5.10
Glurp!


Un diedre vertical, puis 4 metres franchement deversant, puis le diedre qui continue.
Ici, ce sont les #2 qui sont a la fete, ainsi que les bras...


... Ou l'on decouvre qu'en devers, les verrous peuvent aussi se reveler efficaces. C'est a dire que des lors qu'il n'y pas le choix, forcemment, ca motive.


45 degres de devers entre deux murs lisses, avec une fissure planquee au fond. Fermez les yeux 5s. et visualisez...l'ampleur du probleme pour nous, pour qui devers rime en theorie avec "gros bacs".

Et pourtant, pourtant...


Deux voies fantastiques, qui ont tres justement fait le reputation d'Indian Creek. Il faudra s'entrainer avant d'y aller pour esperer y prendre une once de plaisir, et puis a moins d'etre tres fort ou tres triste, il faudra aussi un paquet de biscuits. Rejoints par 2 "Famous potatoes" en manque de gres, nous n'etions pas trop de 4 pour nous aventurer dans ces lignes mythiques. Vivat!

Fissures du Mont Blanc : TREMBLEZ a present...!

mardi 29 novembre 2011

Castletown tower, almost.

Castletown tower est une des tours les plus celebre des US, une des "classic climb" des topos d'outre atlantique. Forcement avec un profil pareil (tour de droite), difficile de ne pas suciter les convoitises, y compris la notre.


Ce sera la dans les faits une belle deception : la face nord nous est interdite par la temperature frigorifique qui y regne : dommage, il semble y avoir une magnifique ligne de fissures a l'axe des rappels. En face sud et dans notre niveau, pas tant de choix que ca. Nous prenons donc la premiere longueur de la classique "Korr-Ingals" avec l'idee de bifurquer a gauche a R1 pour une voie plus dure dont j'ai oublie le nom.


Une fois dans le bazar, non seulement la variante escomptee ne nous fait pas, mais alors pas du tout envie (fissure emplie de blocs, off-width) mais en plus la Korr se revele etre un longue et penible remontee d'un diedre unique, ouvert en son fond d'une tres large fissure. Le rocher qui la borde est curieusement recouvert d'une fine couche de rocher blanc (gypse tendance dentifrice) rendant le tout tres glissant. Bref, une escalade ininteressante.


Comme ne plus devant nous il y a une cordee de ricains qui bouine, mais alors qui bouine, d'une force improbable, nous decidons a mi voie de plier les gaules car lasses d'attendre pour une escalade qui, mis a part le sommet , n'en vaut pas la peine.


Bref, pas emballes par cette classique de l'Utah. En revanche le cadre, lui, est et reste somptueux



Si vous allez a Castletown, privilegiez les voies de la face nord, mais allez y plus tot en saison car la ca caille vraiment trop, a notre gout, pour se faire plaisir

lundi 28 novembre 2011

Tentative a Canyonland NP

Nous avons decouvert Canyonlands en deux temps : de haut tout d'abord, depuis le belvedere de Dead Horse Point. Une route sur un plateau, puis plus rien. Stop. Ou plutot si : une scene irrelle qui, a perte de vue, deroule les 250 millions d'annees qui nous ont precedees, au cours desquelles le Colorado a tranquillement errode le plateau de gres sur lequel l'ont propulsee la pesanteur et les hasards geomorphologiques. Et depuis, il creuse, comme Tucco (encore lui!)


Un paysage ruiniforme assez ahurissant.

 Et puis ca et la, perdues au fin fond des meandres de ce canyon, des tours reliques, reliques d'une falaise qui finit par se retirer sous les coups de boutoir d'une erosion lente mais implacable. Nous imaginons un temps aller grimper dans les tours d'Island in the sky. L'aventure se resumera dans les faits a une grosse viree de 5 heures en 4x4 dans les trefonds du canyon. Des tours convoitees, nous ne verrons que le profil, ci dessus.

Pour parvenir la, presque trois heures de 4x4, auxquelles il faudrait ajouter au moins 1h d'approche, puis 6 longueurs "aventure" plus une descente en rappels dans une autre face avec du fil d'araignee et du relais cache dixit le topo. Bref, quand a 11h30 nous coupons le moteur et que nous essayons rapidement de simuler le reste de la journe, force est de constater que la nuit qui tombe des 17h risque de nous entrainer dans une improbable descente de nuit dont, ici encore moins qu'ailleurs, nous n'avons envie. Tant pis pour la grimpe, on fera du 4x4...



Certes, nous ne ferons pas d'exploit et nous validerons que la ballade en 4x4 n'est vraiment pas notre truc. Pour autant, les paysages decouverts valent le detour.


Precision pour la photo ci-dessus : aux petits malins qui s'imagineraient que ma jambe gauche est plus courte que ma jambe droite, ce qui pourrait expliquer le caratere "penche" de l'image, je precise que mes deux jambes font bien la meme longueur. Le plateau de Gres quant a lui est constitue de strates horyzontales et d'autres qui ne le sont pas, ou qui ne le sont plus. S'en suit une curieuse impression pour le photographe, qui se demande alors s'il a bien respecte ou non l'intediction d'alcool decretee ici par les Mormons...


Pas d'alcool : une epreuve terrible, la guerilla urbaine n'est pas loin.



Et puis sans etre dans Arches National Park, se cachent ici quelques tres belles arches comme cette "muslim arch" sur laquelle nos intrepides aventuriers iront jusqu'a s'aventurer au peril de leur vie et au bonheur du Nikon. En travaillant la chose, on aurait meme pu faire ici la double page centrale du prochain catalogue Patag ;o)
Canyonlands National Park : moins connu que son grand frere du Grand Canyon, mais magnifique et calme a souhait.

On a grimpe sur la terre : Fisher Towers


Les Fisher Towers constituaient une des options "grandes voies" ( 4 longueurs...bigre!) que nous avions en tete pour renouveler un peu le paysage d'Indian Creek et decouvrir d'autres coins. Ces tours sont etonnantes, vraiment etonnantes. Pour la plus haute, 150 bon metres de terre rouge agglomeree, rayee de haut en bas par la multitude de rigoles creusees par le ruissellement et le vent.


Une terre rouge, des cathedrales a l'equilibre precaire, mais que peut il y avoir de bon a grimper la dedans?! La lecture du topo nous apprend que dans les Fisher, certains s'amusent a faire du Dry a la mode de ce qui se fait chez nous sur les falaises de craie de Douvres...


Curieux, nous partons donc sur "Ancient Art", l'espece de circonvolution detritique que l'on distingue bien sur la photo ci dessus, sur la crete de gauche. Pour y acceder, la "Stolen Chimney", sorte de diedre cheminee ascendant de droite a gauche que l'on voit egalement bien, souligne par l'ombre, sur la photo ci-dessus.


Ainsi que nous nous en doutions au fur et a mesure que nous nous rapprochions de ce tas de boue geant, l'escalade ici n'est pas franchement belle, voire franchement pas terrible. On grimpe dans une terre agglomeree ou boue sechee, je ne sais pas trop comment appeler ca, dans laquelle sont enchasses des blocs plus ou moins gros se detachant plus ou moins souvent. Un peu les Mallos de Riglos, mais en tout pourri.


Ceci dit, et c'est bien ce qui motive le grimpeur a venir se perdre ici, l'ambiance y est unique, pour la derniere longueur de la voie notamment. Un monolithe tout tordu d'une quinzaine de metres se dresse, pas fierement, au bout d'une arete horyzontale perchee a 100 metres du sol.


Grimper la dessus, c'est grimper en priant les dieux de l'apesanteur pour qu'il choisissent un autre jour que celui-ci pour rappeler tout ce petit monde en bas au contact du sol. Alors on grimpe leger, en serrant les fesses comme si cela servait a quelque chose.


Et puis, au sommet, on se perd dans le ciel du desert de l'Utah, faisant semblant d'etre confortable pour environ 1/250eme de seconde, le temps pour l'obturateur d'accomplir son oeuvre.
Fisher Towers : un paysage magnifique, une formation geologique etonnante, une escalade etonnante elle aussi mais pour d'autres raisons...

dimanche 27 novembre 2011

Indian Creek, l'autre escalade


... l'autre escalade... Vous savez, celle dont tout grimpeur a entendu parler ou a vu des images. Celle ou "il n'y a pas de prise" dans des longueurs en pures fissures aussi rectilignes que terrifiantes. C'est pour cela que nous y allions : nous aimons la grimpe sur coinceurs, qui tres souvent rime avec fissure. Notre connaissance des fissures se limite aux Alpes (ou les verrous de pieds sont rarement obligatoires) et notre connaissance du Gres s'arrete a la Jordanie (beaucoup plus sculpte) et a Annot. Autant dire pas grand chose.


Alors oui : les multiples murs d'Indian Creek laissent songeur quand on les approche. De une a trois longueurs. Des fissures, exclusivement. Certaines dans du Gres legerement erode, offrant de tres rares prises de pieds. D'autres dans des diedres lisses, ou verrous et Dulfer sont obligaotires. D'autres dans des faces planes, les "splitter cracks", ou verrous de pieds et de mains constituent la seule technique.


Et comme tout bon frenchie qui se respecte, nous nous sommes faits secouer : premier jour, premiere voie dans un "modeste" 6a. Celui-ci apres moult geignements et rales guturraux, s'est au final transforme en du tire friends sur 5 metres. Les 5 metres de "splitter crack", ou seuls les verrous permettent de grimper.


Forcement, on s'interroge. Quand on recidive l'exploit dans une longueur de 40 metres dont on ressort aussi uses qu'apres 15 longueurs chez nous, le moral commence a en prendre un coup. Mais diable que va-t-on bien trouver a se mettre sous la dents pendant 3 semaines??? Si au dela de 6a on se chie, si au dela de 30 metres on se chie, si dans les off-width (fissures extra large ou il faut se strapper les oreilles) on se chie... mais que va t il nous rester?


Et puis comme le breton est tetu de reputation, et surtout que nous n'avons pas le choix, et bien on s'y colle. On fait nos gammes, tranquillement.


Et le pire c'est que ca vient. Pendant un moment, nous privilegions les diedres, offrant une alternative au "tout verrou" et puis peu a peu nous travaillons notre technique. Usant quoi qu'il en soit. Sans technique, on compense comme on peut par le physique mais a ce petit jeu, on s'use tres vite.


Je crois qu'au total, nous n'aurons pas reussi a faire plus de 5 longueurs dans une meme journee, et je ne suis pas certain que cela soit la faute des jours courts a cette saison. A bloc, quasi toutjours, sauf lorsque nous nous offrions des moulinettes apres le combat du "lead on sight".


Couennes de luxe pour une ambiance resolument attrayante. Des fissures partout. On se prend a rever que l'on est tres fort et qu'on va pouvoir se ballader dans des 5.13...  Force est de constater qu'au fil des jours, ca vient. Le verrou est une arme absolue des lors qu'on la maitrise. On apprend aussi a jongler comme on peut avec les Camalots : des kg a la taille qui compliquent la donne pour le leader, et puis une pose qui, si elle est trop haute (vous savez, chez nous on clippe loin, a bout de bras, surtout quand on est a toc!), en devient handicapante car la corde passe alors dans la fissure et gene pour les verrous suivants.


Bref, quand on est tres fort on protege a la taille, comme dans les fissures du Yose mais pour d'autres raison. 


Et puis on se jette progressivement dans des choses nouvelles : tiens des fissures dans des diedres deversant, ca doit etre comique cette histoire. Et vlan : bataille, rebataille, masi de plus en plus soft, de plus en plus maitrisee.




Bref, grimper a Indian Creek demande un temps certain pour commencer a se faire plaisir : passee la deconvenue, passee l'incomprehension, passee la douleur qui suit le debut de la comprehension, alors la ca commence a devenir bon. Voire tres bon. Quand on commence a pouvoir choisir ses voies dans le volumineux -mais plein d'erreurs- topo, plutot que d'y aller par defaut, alors le miracle indien se produit, et l'on ressort de 30 pauvres petits metres d'escalade comme si on avait conquis l'everest a chaque pas. 


En confiance, de plus en plus. Nos poings font merveille. Nos gants 'special fissure' dont j'ai deja vante ici les merites font merveille aussi, malgre quelques petits amenagements locaux necessaires.


Avec la confiance, les projets deviennt plus ambitieux, mais toujours mesures au regard du style de la voie. Nous plaffonerons dans un magnifique 5.12, ce qui commence a etre honnete. 
Un domaine dans lequel nous ne nous risquerons pas ou a peine : les off-width. Trop specifique, trop terreur. Meme les ricains ne s'y precipitent pas franchement voire pas du tout. D'ailleurs je m'attendais a trouver a Indian Creek des Dieux de la fissure, qui courent dans les lignes avec un nuts et un triple 0 en poche comme seul equipement. Que nenni : a part 1, tous les autres, ricains ou pas, s'emploient pour grimper. Ca rassure ou ca fait peur, je sais pas.


La fissure dans tous ses etats, voila a quoi ressemble ce mythique spot de grimpe. On y cotoie toutes nationalites, preuve que la legende indienne existe bien. On y cotoie aussi beaucoup de chevelus locaux, la doudoune pleine de scotch, le mug a la main et le bonnet jusqu'aux yeux. Ca joue un peu au clodo, on les connait car il y a les memes l'hiver a Cham. J'avoue avoir un peu de mal, et face a eux ne plus vraiment me sentir grimpeur. Mais bon, ca fait peut etre partie du lieu...