mercredi 9 février 2011

Bêêêêêêêêê............

Je me fais une réflexion que j'ai envie de partager...

Qu'est-ce que 'l'effet internet' dans nos activités de montagne? Que traduit-il?
Je me pose à nouveau cette question quand, parcourant les infos du site de l'OHM, je lis ceci : "lundi, 20 personnes dans la Ginat".

Est-on dans le domaine du grand n'importe quoi? Je serais tenté de le croire. Le montagnard, que dis-je, "l'alpiniste", cette drôle d'espèce qui souvent se targue de voler au-dessus de la mêlée et des masses avachies, ne serait-il pas finalement prompt à reproduire les comportements qu'il dénigre dés lors, bien sûr, qu'il s'agit "des autres"? Les "autres", vous savez? Ceux qui ne font pas de montagne, ceux dont nous sommes si différents... N'y a-t-il pas un point commun entre un embouteillage dans la Ginat et la file d'attente d'une douche poisseuse au fond à gauche du camping "les frelons" d'Antibes, celui-là même où Raymond rêve d'aller depuis 8 ans tellement l'élection de Miss camping y est réputée sur la côte??? Je provoque, oui bien entendu, je provoque... Mais n'y a t il vraiment rien de commun? Je serais curieux d'interroger un des protagonistes de ce lundi surpeuplé pour connaître ce qui l'a poussé a y aller, voyant les 18 autres prétendants déjà engagés ou en phase de l'être.

Le rôle d'internet dans ce type de situation me semble indéniable, je ne peux pas croire à la coïncidence. Faire la Ginat dans ces conditions où ne pas la faire résulte de choix très personnels, chacun trouvera sans doute son compte dans telle ou telle réponse. Je pense pour ma part qu'une Ginat dans ces conditions est sur certains aspects bien plus dangereuse, et en même temps sans doute tellement plus facile. Il y reste une part d'aventure certaine, mais en quoi cette aventure est-elle un tant soit peu comparable avec celle de s'y engager "sans savoir"?

Je m'efforce de fuire ce genre d'attroupements mais ceci commence à me poser probleme. J'avais un projet de course en tête pour bientôt, et le fait de l'avoir vu "passer" sur le web me pose question car je ne suis plus certain d'avoir, à présent, envie d'y aller. Il n'y a pas dans cette attitude un quelconque caractère associal. Simplement l'idée qu'une course de montagne, quelle que soit le niveau, est une petite aventure et que partir dans une aventure dés lors que l'on sait ce que l'on va y trouver réduit très fortement -anéanti?- l'essence même de ce que l'on venait y chercher.

Je crois donc à la vertu du "but" : un but en montagne est souvent le résultat de cette volonté d'aller là ou l'internet ne dit rien. Récemment j'ai pris des buts, des beaux buts. Il faudra que je fasse un post sur ce que j'ai vu des gorges du Simplon. Il faudra que je fasse un post sur la face Est de l'Armet. Des buts mais des aventures ou jamais nous n'avons eu le sentiment de chômer. "Mais que dit internet?"...Justement il ne dit rien, et c'est pour ça que j'y vais.

Je constate une chose : l'internet, aussi fantastique soit cet outil, incite facilement à la paresse et au manque d'imagination car il nous propose des valeurs sûres, des succès garantis, des voies prestigieuses qu'un jour on pourra faire trôner dans une liste de courses encadrée au-dessus de la cheminée.

Pour moi la paresse n'est pas une vertu. Que chacun y trouve son compte, pourquoi pas. Ceci n'empêche pas de s'interroger.

dimanche 6 février 2011

Supercouloir en t-shirt : n'importe quoi!

Le Supercouloir : superbes conditions en ce moment. Et dire qu'il y a quelques generations encore, ca se faisait en Nomics et crampons!!! Au depart il parait meme qu'il y avait une rimaye et qu'il fallait y emmener des broches.

Aujourd'hui c'est quand meme plus cool : on accede en voiture par le haut, on peut meme s'arreter chez Ezio boire l'espresso du matin, au soleil. Plus de glacier, plus de broches... Le glacier a tout fondu, "la salle a manger" c'est desormais le nom du camping en contrebas. Et puis la ou on pouvait rentrer dans la grotte au bas de la mer de glace, ca s'appelle desormais la grotte de "Choranche"... Pas tres bien compris pourquoi d'ailleurs...

Rien que des buis et du soleil.

Le supercouloir maintenant, ca se fait en t-shirt avec 15 degaines.

Mais c'est beau, tres beau! Je ne connaissais que les secteurs Gervasutti et Trois Pointes, il y a maintenant un secteur Telebus. Des gouttes d'eau, partout des gouttes d'eau. Des bacquets meme, plus que des gouttes. Merci le rechauffement climatique.

Avant on y venait avec des coinceurs, des "friends" comme ils disaient a l'epoque. Tout ceci a change, maintenant on y grimpe sur spits. Il reste bien quelques beaux passages de fissure, mais le rechauffement a tout fondu.

Ce qui est bien dans Telebus, c'est qu'en hiver c'est au soleil toute la journee. La encore quel changement : avant dans Supercouloir, on faisait deux ou trois photos au soleil du petit matin, puis ensuite la goulotte passait a l'ombre. Depuis que les piliers alentours sont tombes, on a plus ce probleme. Et puis il faut bien dire que comme le soleil ne tourne plus, c'est bien plus simple.
















Et dire qu'avant il fallait une benne et des skis pour y acceder : delirant non? En tous cas c'est vraiment bien ces escalades hivernales. Quand je pense aux anciens qui disaient approcher les -20 en grimpant, et qu'il leur fallait des doudounes machins et des chaussures thermiques bidule... Et pis quoi encore? De vraies chochottes.

Aujourd'hui on est quand meme bien plus costauds, mais ce jour les conditions etaient terribles. On a garde la petite polaire sur nous toute la voie. Dur! Des conditions hivernales!







Ensuite il a fallu rentrer : la marche d'approche est longue d'environ 20 mn. , a ne pas sous estimer donc, surtout en hivernal. Les anciens ils avaient les crevasses; nous on a les feuilles mortes et les branches humides, les crampons peuvent encore etre utiles. Le Montenvers ne tourne plus, depuis longtemps. A present il y a la route, c'est plus simple.

Secteur Telebus : un petit mix de "Supercouloir","Chute Assentionelle" + derniere longueur ??? en A0. Un magnifique calcaire crible de gouttes d'eau, du grand soleil, un calme olympien, un acces par le haut tip top. Maman, c'est quand l'hiver?