dimanche 13 février 2011

Mont Maudit, Overcouloir

Laisser du lait sur le feu n'est pas une bonne chose : il fallait donc terminer le travail. Et pourquoi pas une hivernale? Au  moins ne nous prendrons nous pas des valises sur la tete, comme la derniere fois. Un projet ambitieux : empiler Over couloir et Country couloir pour sortir au Mont Maudit, deux goulottes de grade 5 a plus 4000 metres d'altitude, en hiver. J'aime resolument ce versant du Mont Blanc : lorsque, du balcon du bivouac de la Fourche, on ravale le brin de rappel basculant ainsi sur le versant Brenva, le sentiment d'entrer dans un autre monde est a chaque fois le meme. Une fois encore, le grand voyage se produira. Il produira ses effets. Je n'etais jamais venu la en hiver : c'est ereintant. La nuit a 18h00 change la donne. Le froid et l'altitude mordent. La glace est dure, tres dure, voire meme severe.


A l'aube d'un jour nouveau sur le versant Brenva du Mont Maudit. Le bivouac de la Fourche est deja loin.

Les pentes d'acces d'Overcouloir au petit jour : quelques minutes de feerie. 

 Seracs ou ressac? Le glacier de la Brenva se jette au  loin

Overcouloir... du bas ca parait presque debonnaire... Detrompes toi grimpeur, detrompes toi



Glace dure, glace tres dure. Nous sommes a 4000m., aucune trace de passage a part nos sangles de rechappe du printemps dernier. Mont Blanc sauvage.


 Une goulotte en bonnes conditions, meme si moins fournie qu'au printemps dernier. Par contre a cette saison, la glace est sans concession : mieux vaut venir avec des lames affutees.

Un gaz presque present... En arriere plan, la rimaye qui semble s'etre effondree sur elle-meme. C'est a cet endroit tres precis que nous l'avions franchie au printemps dernier. En ce moment, il faut aller la chercher completement a gauche de la face pour un franchissement sans probleme. 

Les pentes intermediaires, qui permettent de rejoindre la suite : Countrycouloir, un autre grade 5. A ce stade de la course, nous entammons un brassage en regle dans une neige inconsistante. Nous y laissons beaucoup d'energie, trop d'energie, et decidons donc de ne pas tenter les goulottes du haut mais de sortir par la classique Beaumont Decorps. Moins technique mais usante : des pentes de glace grise entre 50 et 60 degres, tout pour arracher les molets. 


L'arete sous le sommet du Maudit, un petit air himalayen et une grosse fatigue pour en sortir.

Voici donc une voie magnifique, complete, engagee, lumineuse. Nous n'avons pas enchaine les deux goulottes prevues, ca doit etre possible en venant un peu plus en jambes, et au printemps lorsque la neige des pentes medianes se remonte facilement. Un voyage apres lequel l'expresso sur une terrasse ensoleillee est le plus beau des cadeaux.

Et merci a Leurent Fregeac qui a bien voulu m'envoyer des photos recentes du versant prises depuis la Tour Ronde...