jeudi 15 septembre 2011

A ses montagnes

Tu peux admirer tes mains Walter, elles ont accompli de sacrées grandes choses...

Walter Bonatti est décédé, et ça me touche. Après Cassin, Desmaison et lui, les "monstres sacrés" commencent à se faire rare ici bas, alors que là haut, ça commence à faire une sacrée belle cordée!

Tout alpiniste a un jour grimpé dans ses pas, lu un de ses récits ou observé de loin une de ses voies, moi y compris. Je reste admiratif de son parcours et notamment de son parcours "post-alpinisme".

Un sacré personnage!
Ciao Walter.

mercredi 14 septembre 2011

Le sud, le soleil, la plage, les palmiers...

La quête du beau granite se poursuit, encore et toujours. Je fonctionne souvent en visuel dans le choix de mes sorties : j'ai d'abord besoin de voir, et si le "choc" se produit, alors l'envie nait et je m'arrange ensuite pour la combler. J'ai du mal à fantasmer sur un simple topo, c'est comme ça.


Et là, le visuel a fonctionné, encore un fois. L'année dernière nous avions grenouillé dans les Aiguilles Dorées, "découvrant" ce qui reste pour moi un des plus beau spot de granite du Mont Blanc (Ah, "Face au large"...). Et puis j'avais été séduit par cet incroyable tour de granite orangé qu'est le Capucin des Dorées. Le bien nommé Capucin. On connait tous sont grand frere, mais celui-ci l'est moins : caché, éloigné, peu décrit... Bref, un promesse de solitude absolue, de voie inconnue, de soleil abondant et de bonne humeur car la Dream Team fut recomposée pour l'occasion. Une voie, une et une seule voie de "qui vous savez", et un séjour mémorable pour une nouvelle aventure de toute beauté. Vivat!



Voiture, Champex Lac, télésiege, marche, bivouac des Dorées : rien que pour ça le détour est justifié. Paradisiaque. A noter qu'à cette saison, l'eau ne coule plus comme en plein été. Des lacs sont à proximité, et un bon coup de bouilloire remet tout ceci en place.


Une petite heure après le bivouac, le Capucin. L'autre, le petit cousin du Grand. Le soleil chauffe de bon matin. L'aventure aurait pu tourner court : un chausson qui glisse, une crevasse, et me voici allongé dans le fond de la bête cueillant à bout de bras et de piolet l'infortuné chausson, en équilibre précaire au dessus du néant... Moi qui n'aime pas les crevasses, elles me le rendent bien.

Forcément après ça, tout ne pouvait qu'aller mieux.



Après l'étape de spéléo-glaciaire, le ton change très rapidement : dans les 6b / 6c direct, sur un immense socle de dalles raides et fracturées à gauche de l'ahurissant pilier final, que l'on ne peut s'empecher de garder en ligne de mire.


On se rapproche, il nous domine, il nous aimante. C'est la règle.
Une traversée à pieds et un bon pic nic plus tard, le festival absolu commence. C'est pour cela que nous sommes venus, et notre imagination se trouvera comblée.




Nous voici sur un pilier patagonien, seuls au monde sans hélico ou avion pour venir troubler l'atmosphère, à empiler des longueurs d'un rocher "capucinien" (je viens d'inventer un qualitficatif adapté à la situation).

Nous montons, nous montons, le vide se creuse, se creuse. Jusqu'à une avant dernière longueur d'anthologie : un 6c/7a dans un mur rouge fissuré, un gaz ébouriffant, un escalade splendide.


4 spits dans la longueur permettent de l'aborder presque sereinement (a posteriori ;o). Le reste se protège à merveille, et les verrous de poings complètent le tout.


MA-JEUR!



 Et puis une petite terrasse pour un dernier relais au soleil, il ne nous reste plus qu'à filer vers le sommet tout proche.



 Et voila le travail : assis sur un sommet tabulaire au dessus du vide, nous pouvons contempler notre oeuvre, ou plutot celle -encore et toujours- de Michel P, grand pourvoyeur de bonheur vertical.


 Quelques rappels, des doudounes qui nous accueillent alors que le tout passe à l'ombre, et un retour heureux à la case départ. Le vin chambrait depuis la veille, les bieres étaient au frais, la soirée pouvait s'annoncer joyeuse et la nuit réparatrice.

C'était sans doute la derniere de la saison, la prochaine aventure dans cette configuration sera je l'espère lointaine (?!n'est ce pas Ju?!), ce final était parfait.

Capucin des Dorées : "Le sud, le soleil, la plage, les palmiers"
350 metres environ, ED (?)
6b+,6b+,6c, 6b,5+ (traversée : marche), 6b,6b+,6a,7a,6a+
Camalots : jeu complet jusqu'au #3.5. Doubler les 0.3>0.75. Quelques stoppers + degaines.
Rappels equipes sur spits, nous avons changé pas mal de cordelette. Attention au coincage de corde dans L7.