mardi 14 février 2012

Coup de foudre!

Quel hiver étonnant! Habituellement en février on commence à se désintéresser des cascades, leur préférant leurs plus froides cousines d'altitude. Cette année, que nenni : ce mois de février a des allures de décembre, et le froid ambiant apporte de la glace à tous les étages, surtout aux étages bas.

Partis pour d'autres projets, un méandre de l'Autoroute pose soudainement notre regard sur ceci :


C'est le coup de foudre.
Terrible : une belle ligne à deux pas de la route, là où un hiver "normal" notre regard ne daigne même pas se poser. La veille, de nuit, nous n'avions rien vu. Ni une ni deux : demi-tour, sortie, parking à Hermillon (Basse Maurienne), et approche à vue dans les sous-bois en direction de la bête.


30mn. plus tard nous sommes au travail. Cette très belle cascade des Rodins est sans doute rarement formée vu son altitude très basse et son exposition sud ouest. Nous constatons que d'autres ont eu la même idée que la nôtre et c'est finalement 3 cordées qui sont engagées dans le bazar.


C'est la grande classe! Très bonne glace dans l'ensemble, parfois un peu fine. Le cigare du milieu se contourne par la gauche même si tout droit ça doit aussi passer. Environ 8 longueurs selon les choix de relais,  sur broches ou sur arbres. Trois ressauts grimpants entrecoupés de deux sections plates, 4+/5 selon les choix. Descente à pieds en rive gauche. Allez-vite avant qu'elle ne disparaisse pour quelques hivers!

Suivis par la brume

Outray versant sud ouest en boucle, ça devait être un joli tour redescendant par le beau couloir au centre ci-dessous.


Au départ des Villes-Dessous, neige de cinema posée dans les alpages. C'est sud mais peu pentu, donc le soleil n'a eu aucun effet sur la neige.


Au dessus nous jouons entre les chalets, comme souvent cet hiver. Basculant progressivement versant nord, la neige est de plus en plus légère.


Aussi légère que la brume, sans doute, que nous ne voyons pas se former dans le versant sud... 


Cette montagne comporte l'une des meilleures forets du Beaufortain : pentue et aérée, avec plein de variantes possibles.


On contemple, on contemple, puis drôle de surprise en débouchant sur l'arête : la brume envahit tout le versant sud, sans parvenir à en déborder . Nous ne l'avions pas vue arriver, et pour cause.


Alors on longe notre arête, sans trop savoir a quoi nous attendre. Arrivés a l'entrée du couloir, la brume hésite entre opacité totale et quelques éclaircies furtives. Je suis quasi certain que nous sommes au bon départ, mais il est des phases de la vie où on renonce plus facilement que d'autres. Pas envie de risquer les barres rocheuses d'une mauvaise entrée.


Tant pis, nous redescendrons par où nous sommes montés. La poudre froide en forêt, c'est pas pire ;o)