vendredi 14 septembre 2012

Recit -volontairement partiel- de deux ouvertures

Comme je le mentionnais précédemment, j'ai eu l'immense plaisir d'accompagner Michel dans deux de ses nouvelles créations au sein du massif du Mont Blanc, en un lieu du massif bien particulier que les lecteurs réguliers reconnaitront sans doute. Je ne donnerai ici que peu de véritables informations sur ces deux voies que nous sommes alles ouvrir -dont l'une n'est pas terminée-. Ceci est volontaire, car nous ne souhaitons pas retrouver leur tracé ici ou là dans quelque "nouvelle" édition d'un hypothétique topo du massif alors que Michel fait -et fera- celà très bien. Rendre à César ce qui est à César.

Une ouverture, ça commence toujours par une idée suivie d'un portage.
Pour l'idee, je suis heureux d'avoir redonné l'envie a Michel de retourner dans ce haut lieu qu'il n'avait plus fréquenté depuis 15 ans. J'avais une idée bien précise en tête je dois l'avouer, qui restera non concretisée, faute de fissure grimpable. Passons.
Pour le portage, c'est à deux que l'on s'y colle. Lorsque l'approche est longue, il prend tout son sens et les 20/25 kg de nos sacs nous aident à y voir clair.


Ca tombe bien c'est la canicule! Nous y passerons quelques litres de sueur et pas mal de calories.


Les grammes sont malgré tout comptés : les crampons et piolets alus resteront dans le coffre (acceptable), les pistaches aussi (a la limite de l'acceptale pour des raisons de sécurité bien compréhensibles).


Il faut normalement 4 heures pour monter aux Dorées, nous en mettrons 6. Initialement, nous devions monter ce printemps a ski depuis les Grands Montets. Et puis, mousson printanniere aidant, c'est en aout que ça se passe. L'approche à ski doit quand même bien mieux passer.



La voie n°1, ou l'idée de départ adaptée...

... adaptée car ce que j'avais initialement en tête ne passe pas, ou alors au prix d'une L1 ABO ou bricolée, et/ou au dessus d'un reliquat de glacier -un de plus- qui rendrait l'attaque encore plus délicate avec sa fonte programmée. Restera donc cette face incroyable au dessus de nos têtes ou des fissures d'anthologie nous attendent, mais il faudra ruser pour y tracer un itinéraire logique. En attendant, nous resterons sur le flanc gauche d'une voie déja ouverte par Michel ici il y a quelques années, et le granite est bel et bien au rendez-vous.Vivat!


 Je m'autorise ici une photo "d'ensemble" :


2012, et toujours une seule voie dans cet immense bouclier de dalles... Désormais il y en a deux.
Avouons que ça s'annonce plutôt bien...



L1 et L2 dans un superbe granite gris, pas difficile même si presque impressionnant.


La suite est constituée d'un ensemble de ressauts et de dalles homogenes dans le 5c/6a. Nous avons seulement sous estimé la longueur du bazar...


Cuits et recuits par la canicule, nous avançons et déroulons sur ce beau rocher qui n'attendait que nous. Hélas, nous ne pourrons pas terminer, malgré deux jours de travail, cette voie qui deviendra peut être une "longue classique" d'un niveau abordable. A vue d'oeil, encore 6 longueurs pour déboucher sur la crete sommitale mais nous n'avons plus assez de matos pour finir et l'orage se rapproche un peu vite à notre gout. Les quelques broches qu'il nous reste sont laissées à mi-face cachées sous un bloc, et nous tirons les rappels avec l'orage qui gronde dans notre dos. Un chantier engagé -un de plus Michel ;o)- qu'il va falloir revenir terminer aux beaux jours... Tout bien!


Voie n°2 : Le 32ème jour

La voie cadeau, pour ma fille.
Un clin d'oeil amoureux bien haut perché que peut être  irons-nous un jour grimper en famille -ou pas-.



Un véritable nid à fissures : des grosses, des petites, des larges, des raides, des pures...Un mur dément!
Nous choisissons, prudemment : toute la partie haute de la face est déversante, donc ça monte très vite dans les cotations.


Un rocher d'une belle à très belle qualité sur les 6 longueurs de cette voie, dont L1 reste à nettoyer si vous nous laissez le temps de le faire.


Ici il vous faudra grimper sur friends, quasi exclusivement. Nous avons mis 3 points en 6 longueurs, dont deux dans la derniere. Les relais sont sur broches scellées, et garantissent donc une descente en toute sécurité (et longévité).


Un crux au départ de L4, que nous estimons à 6c. Pour le reste, ça donnerait les cotations suivantes : 5c, 6a, 6b+, 6c, 6b, 6a+.


Une ligne logique, que nous découvrons au fur et à mesure que nous grimpons. Les fissures alternent avec les knobs geants.


Une ultime longueur pas si donnée que ça malgré un rocher qui se couche. Et puis, cadeau ultime de cette belle ligne, une surprise de taille pour la main gauche au tout dernier mouvement. Mais comme c'est une surprise, il faudra aller vous en rendre compte par vous même.
J'aimerais bien avoir des retours sur cette voie dont nous sommes très contents : on peut vous transmettre    -avec précution- le topo de ce 32ème jour pour une répétition.



Service Après Vente

Si l'ouverture se limitait à la grimpe, du moins avec M.P, ça se saurait... Le "label Piola" vient aussi de ça. L'autre travail, celui du nettoyge, est beaucoup moins photogénique. Encore qu'une bonne tête de charbonnier du XIXème après une journée de locomotive aurait pu mériter un portrait, que je n'ai pas pensé à capturer sur le moment... La phase "croquis", elle, est bien plus paisible...




Quelques journées lumineuses, des longueurs limpides qui enchanteront peut être les répétiteurs, demain et après demain. Et puis un clin d'oeil qui m'est cher à ma choupette, à mes choupettes.

lundi 10 septembre 2012

Errances prealpines

La temperature clemente et les herbes jaunissantes incitent a quelques deambulations plus ou moins verticales. Nous irons donc saluer sa mejeste le Mont Blanc au milieu des derniers restes des recentes chutes de neige.





Les vainqueures du jour : Ju et Lilouenn, qui ira meme en cette occasion toucher sa premiere neige.
Fantastique!




Et puis, ma derniere visite au Sappey commencant a dater, il etait temps d'y retourner faire un tour. Les vainqueurs du jour, Dom et Christophe, ne connaissaient pas. Nous avons fait les 8 longueurs d'"Orchidea" qui, meme si de larges vires en reduisent un peu l'ambiance, propose de tres belles longueurs d'escalade (a noter un severe 6c en dalle avec un equipement qui impose une certaine humilite face a la cotation). Pour le reste, nous somes bien au pays du "Calcaire en folie"...