jeudi 6 juin 2013

Les retrouvailles

Le rendez-vous était pris depuis très exactement 10 ans, je ne pouvais pas ne pas l'honorer.
Ce jour là se passerait nécessairement dans les montagnes.

10 ans plus tard, nous y sommes. Les agendas étaient bloqués, la logistique familiale organisée,  les conditions météo hasardeuses mais clémentes. Il y avait du granite dans l'air, mais ce printemps hivernal en décidera autrement.

Peu importe : une nuit dans les étoiles avec Ju. 
Depuis bien longtemps nous ne nous étions pas retrouvés là haut tous les deux.


Les coinceurs restent à la niche, on prends les skis et on verra bien. 
La tête dans les nuages, la tête au-dessus des nuages.


La célébration se passera à la Fourche. Bivouac magique, encore plus lorsqu'il est désert et qu'il surnage au-dessus de la mêlée de cumulus.
Bivouac unique : en versant sud, le plateau avenant et fréquenté du Mont Blanc touristique.


Côté nord, il ouvre sur notre himalaya local. 
Poser un rappel sur la balustrade du bivouac est une expérience que j'ai eu la chance de vivre quelques fois, l'impression de basculer "de l'autre côté" est prenante. 
Et que dire du Col Moore... 
Ce jour-ci ce n'est pas un rappel que j'y pose, mais une bouteille de Champagne. C'est bon aussi.


Le Crux aura été d'atteindre le bivouac : 1 heure pour parcourir les 5 mètres qui nous séparent de lui. 
 Les corniches de neige sont monstrueuses, c'est à la pelle et au crochetage sur gouttière que l'on parvient enfin dans notre gîte. 
Il fallait être vraiment motivés et je l'étais!

Le festin pouvait commencer.


 Un "objectif" en tête bien vite revu à la baisse : quitter le bivouac s'apparentait aussi à une aventure (en sens inverse), 
coincer un rappel, découvrir que malgré les quantités de neige le soleil a déjà oeuvré en altitude... 
Bref, on fait semblant d'y croire -prétexte à surtout saluer notre cher Grand Capucin-.



Tout ça finira dans le vent d'un cirque suspendu face à une pente déjà ravagée, demi tour, ripaille au soleil, et vallée blanche 
(à ski jusqu'aux échelles, pas banal pour un début juin). 
En haut, on avait l'impression d'être encore en plein hiver vu les quantités de neige. 
En bas, à constater le piteux état des échelles du Montenvers, semi ravagées, on comprend que l'hiver a été violent.

Rendez vous pris pour 2023...