mercredi 24 décembre 2014

Les chaussons sous le sapin

C'est la période qui veut ça : à force de mettre les chaussons aux pieds du sapin, ils devaient bien finir par attraper la bougeotte.

Puisque l'hiver ne veut pas se décider, autant ne pas le forcer et le laisser venir, à son rythme.


Et profiter de la douceur, que dis-je, de la chaleur.


En famille dans les couennes, entre amis dans les grandes envolées, mais toujours en t-shirt.


Histoire de me provoquer, c'est Thierry qui choisit une voie au nom résolument fait pour moi :
"les joies de la procréation".

Tout un programme.


Suffisamment court pour ne pas risquer l'ombre. 
Suffisamment court pour ne pas risquer les crampes. 
Mais suffisamment grimpant pour une superbe envolée plutôt raide et athlétique, où il faut grimper.
Résolument.


Thierry en termine avec le 6c+ de L5.
Un grand dièdre déversant sur grosses prises : parfait pour les gros bras que nous ne sommes pas.
Encore deux longueurs de vraie grimpe sans trop de concession : nous finissons rincés, mais en t-shirt et heureux.
C'était l'objectif de la journée...

Et puis, au moment où le grand Joe tire sa révérence, comment ne pas se replonger avec délice et hallucination dans les 7mn. de cette mythique performance :

lundi 10 novembre 2014

La fourrure du fauve

Quand on habite Grenoble, que c'est l'automne, qu'il fait beau, 
qu'on a une cheville dans le sac et qu'on a une petite qui courre partout, 
alors une virée sur le plateau d'Emparis est un très bon compromis.


La journée eut été parfaite pour y trainer en vtt, 
mais là maintenant... non... vraiment pas le moment.

 

A pieds, les couleurs y sont tout aussi belles et
le rythme y est plus propice pour apporter de quoi faire de vraies images.

En vue du Grand Pic...


L'endroit est toujours aussi magique à cette saison.


On imaginerait bien une lionne géante couchée là,
sur le dos de laquelle nous nous promènerions.


La Meije nous surveille. 
Quel beau sommet!


Ambiance emparisienne


Allez, un peu de sobriété. 
Le blanc arrive.

lundi 27 octobre 2014

C'est l'automne : contemplation -forcée-

L'automne est au choix une saison pour aller titiller les goulottes d'altitude,
chauffer sur les falaises du sud, faire du vtt en moyenne montagne dans les alpages en feu,
et, quoi qu'il en soit, toujours se rincer l'oeil et le capteur des lumières chaudes qui reviennent.


Celui-là on le connait par coeur mais c'est toujours aussi beau.


Parfois j'aimerais être un mélèze.


Bien entendu on pourra toujours faire semblant de grimper quelques longueurs.
Crève récalcitrante, énergie proche de zéro.
Allez, on range la corde pour quelques temps.


Les vallées sont belles, les grandes courses d'hier jouent des clins d'oeil.


Du jaune...


et du vert qui résiste, encore.


Le Blanc mettra tout le monde d'accord : à la fin de l'automne, c'est lui qui gagnera.


En attendant que le Blanc ne gagne, je serai quelques temps contraint à visiter l'Alpe en voiture, façon Mimile en vacances.
Repos forcé, pour quelques grammes de métal en moins...

vendredi 24 octobre 2014

Un petit coup de pouce

Il y a quelques semaines, je relatais ici la réalisation en cours d'un film sur Michel Piola.
Aujourd'hui, le réalisateur peine à boucler son budget et fait donc appel aux bonnes âmes de la grimpe.

N'hésitez pas à faire un petit don ici

La bande annonce : 

mercredi 8 octobre 2014

Armoricaines

Quelques errances armoricaines pour profiter, calmement, d'un été indien qui fait du bien à tous.
Douceur, tranquillité, ciel d'azur...
Quelques ingrédients qui concourent à cette agréable session dans mon ouest natal.


Les chiens aboient, la motocyclette passe


Se tenir à la place de Gauguin.
Si le "Christ jaune" est conservé aux USA, l'original, lui, est toujours par chez nous...


 ... niché au fond de cette chapelle.


Bien entendu, le granite n'est jamais loin et les prétendantes au sommet non plus, fusse-t-il celui d'un dolmen.


J'aimerais que ces anneaux me racontent leur histoire...


La sienne ne doit pas être mal non plus.


 Les rustines n'auront pas suffi.


 Dans les campagnes, les paysans abandonnent parfois leur outil de travail au fond d'un champ.
En Bretagne aussi. J'aime ces paysages uniques.


Du bleu et du granite.
D'autres aiguilles que celles de Chamonix ;o)

 

... dans la blanche écume...varech!

dimanche 21 septembre 2014

Une saison en enfer ou Saint Tropez?


Ca n'était pas du tout prévu, mais je me retrouve une nouvelle fois embarqué avec Michel pour aller titiller le granite chamoniard.
Pour coller a notre (mon) timing et pour profiter une dernière fois de la benne des Grands Montets avant sa fermeture, nous repartons vers le bassin d'Argentière et sa fabuleuse rive droite.
Notre programme et de monter ré-équiper "Une saison en enfer", voie ouverte par Michel il y a quelques paires d'années à la Vierge, en rive droite du glacier du Milieu.


Vue de profil, la belle a des atouts certains. 
La longueur clé est un dièdre en 7a, le reste oscille entre 6a+ et 6c
Nous sommes pour une fois 4, accompagnés de Yannick Boissenot qui termine un film sur Michel Piola. 
Lui et Julien grimperont devant nous, permettant ainsi à Yannick (l'autre) de filmer depuis le haut. Quelle manie chez ces Yannick de toujours vouloir faire des images!!


Julien dans L1, pas trop martyrisée par le retrait glaciaire.


Michel suit la troupe, puisque je m'autorise a grimper en tête avant que les paparazzi ne se déchainent.


 Au dessus, c'est Saint Tropez : tel BB à ses plus belles heures, Michel ondule sur le rocher devant l'objectif des paparazzi venus en sous nombre. Les flashes crépitent, la foule est en transe, Michel fait semblant de rien.


 Heureusement, le relais est plus calme, abrité qu'il est de la horde de curieux venus assister à l'évènement. 
Pourtant, au dessus, le spectacle va continuer dans le dièdre en 7a. 
En version topless, Michel régale à tout va.


En fait de topless, ce sera caillante à gogo : le ciel s'est couvert, le soir tombe, on essaye de faire le max pour plier le travail le lendemain à coup sûr. 
Ceci me coutera la derniere petite longueur de 15m qui mène au sommet, tant pis. 
Michel, lui, perce comme un fou avec la nuit qui tombe, et termine presque le boulot -sur la partie haute tout du moins-.
Dans les brumes du soir, Yannick filme.


Nous retrouvons nos sacs à la nuit noire, et partons pour une misérable nuit au refuge d'Argentière, dont Fred et Béa ont eu la mauvaise idée de fermer les portes alors que la benne tourne encore... 
Tant pis pour l'accueil et la bière fraiche, ce sera nuit spartiate.


Au petit matin, Julien nous quitte et nous remontons tous les trois finir le rééquipement + faire quelques images. 
Ce sera pour nous l'occasion d'une drôle d'expérience, celle d'évoluer en montagne avec un drône qui nous filme au dessus de la tête.
Vive le progrès.


Michel repart sur les cordes fixes laissées la veille, pendant que nous faisons quelques images.
Le boss est content, les images sont dans la boite. 

Pour la voie, le rééquipement est achevé : relais sur broches scellées, et à noter que la longueur clef en 7a n'est désormais plus équipée que de deux broches au lieu des 4 initiales. Celle du début et de la fin demeurent; entre les deux, prévoir des micro-stoppers et et des C3. 
Un R0 a été ajouté, bien visible du bas, pour parer au retrait glaciaire

Pour le film sur Michel, celui-ci devrait être projeté aux prochaines rencontres du cinéma de montagne de Grenoble, en novembre prochain. 
Avant l'ouverture du prochain festival de Cannes of course.

vendredi 22 août 2014

Tour jaune : une journée splendide que je ne conseille pas

Une semaine hivernale, un week end estival.
On monte en haut : les faces sud seront sèches, c'est certain. Aussi certain que l'ambiance sera magique.
Nous avons en tête d'aller grimper la Tour Jaune, par la voie éponyme, ouverte il y a  quelques années par Potard.
Le topo mentionne un rocher "incroyable" en derniere longueur et des "fissures à verrou" en première longueur, le tout entre 6 b et 6c sur le granite fauve des contreforts de l'Aiguille d'Argentière. 
Beau programme!


 Pour ne pas changer, c'est une montée "à la fraiche" qui nous attend.
Tant mieux, on ne transpire pas.


Et quand on croise une incroyable "fissure Kosterlitz" posée sur la moraine, on à même qu'une seule envie : la grimper.


 Bloc lunaire posé en équilibre presque précaire sur la glace, fendu de bas en haut et légèrement déversant.
On en peut pas laisser passer ça : vive les verrous!


Pendant ce temps, la fin de la perturbation s'évacue, comme prévu, et laisse entrevoir le spectacle des grandes faces nord du bassin d'Argentière plâtrées comme jamais.


 On aurait même pu tenter la première descente à skis (cailloux) du Tournier...


Une mauvaise nuit plus tard, et nous quittons le cocon du refuge dans une nuit noire encore frisquette.
Comme mes insomnies nous poussent dehors plus tôt que prévu, nous montons tranquillement et nous offrons quelques séquences de contemplation sur le spectacle que nous avons dans le dos.


La nuit est à nous, la moraine aussi.
C'est le grand calme par là haut.


Avec le jour qui pointe, nous prenons le temps d'aller jeter un oeil sur "Poussière d'étoile", une nouvelle voie voisine.
Vu du pieds, rien de bien emballant : gradins, rocher brisé, succession de ressaut... bof bof.


Nous reprenons alors notre projet initial, et nous engageons dans l'Y.
La variante consisterait à passer par la première longueur du "Pirate" et rejoindre le socle intermédiaire pour traverser vers la droite jusqu'à la Tour Jaune. 
La rimaye de l'Y étant inexistante, autant passer par là.


On en vient presque a se reprocher de ne pas avoir pris de broches, et bénir Eric d'avoir pris ses 2 quarks.


 Tout là-bas, le festival continue.


Au dessus de nos têtes, ça se corse.
Le topo parle d'un socle en rocher pourri, nous confirmons. 
Ensuite ça se met à grimper doucement mais surement,  et même si la voie démarre officiellement plus haut, on est déjà dans du sérieux que la neige et la glace ne facilitent pas.


Le problème est que même là, alors que la rimaye de l'Y est déjà presque loin, on a toujours pas croisé un relai digne de ce nom... sauf pour franchir le goulot-coupe-gorge du bas de l'Y.
J'ai en tête que nous pourrons, en traversée, rejoindre les vires du Pirate et profiter ainsi du dernier rappel pour rejoindre le glacier. 
Que nenni!
C'est trop désaxé, et chargé en neige chauffée...


Alors nous continuons à monter.
Enfin nous rejoignons le R0, constitué d'un spit relié à un piton moisi cravaté par une sangle pourrie... J'adore. 
Nous commençons tous les deux à nous interroger...

Très belle première longueur. 6b, verrous obligatoires, je me régale. 
Arrivé à R1, mon choix est fait en une demi seconde : on s'arrêtera là. En effet, R1 est en fait une vieille sangle pourrie passée autour d'un bloc, doublée d'une cordelette plus récente.
Pas un maillon, pas un piton, pas un spit.
C'est effectivement un relai, mais dans sa version la plus minimaliste.
On ajoute à celà que les fissures/vires sont encore enneigées, et surtout que le fameux "socle" devra etre redescendu en improvisant des relais où nous pourrons, pour finir par un dernier rappel dans la bas du Y surchauffé, alors que l'entonnoir sommital est sans doute chargé de neige...
Bref, ça pue!
On décampe, on plie les gaules avant de se faire coffrer dans l'Y, et on rangera cette voie dans la catégorie des buts volontaires et assumés.

Au refuge, Fred nous avouera qu'à part un stage de l'ENSA de ci de là, personne ne va là haut.
Ca ne m'étonne pas. 
Ce qui m'étonne par contre, c'est d'en faire un topo et de le laisser "au grand public" en faisant croire que la voie est équipée...
Qu'on m'explique comment la redescente par l'Y en fin de journée, neige ou pas, chaleur ou pas, ne s'apparente pas à de la roulette russe.
A chacun ses envies, les nôtres ne sont pas / plus là.


Quelques rappels et une désescalade plus tard, sans oublier la bière de Fred et Béa, et nous glissons vers la vallée dans cette ambiance toute particulière d'un versant nord sortant d'un hiver nucléaire qui fait face à un versant sud surchauffé par le soleil revenu.


Voici donc comment passer une superbe journée en montagne, aux relents d'alpinisme et de mixte, en verrouillant de la protogyne comme des sauvages dans un décor de cinéma, tout en déconseillant même à son pire ennemi de faire la même chose.

Par contre, cette journée aura ravivé certains projets, et plus que sérieusement.
La prochaine virée là haut se fera avec le perfo, qu'on se le dise!