mardi 22 décembre 2015

Tant qu'à faire, grimpons

Comme tous les amateurs d'hiver, on reste perplexes...
Bien sur on pourrait aller skier entre les caillous ou sur les pistes.
Bien sur on pourrait aller gratter des touffes d'herbe gelées en Belledonne.

Mais franchement, quand le ciel est si bleu qu'il fait bon grimper en t-shirt, ça ne me donne pas envie d'autre chose.


Une journée expresse tous les deux.
1Heure de route et hop, nous voici garés au Sappey à déambuler sur le tapis de feuilles mortes de cette magnifique forêt, taillée pour le ski. 
Oups, je m'égare!


Comme prévu, ça chauffe.
Les vestes sont vite remisées, et c'est en t-shirt que l'on profite de ce calcaire dont la réputation n'est plus à faire.


Dans "Le balafré, ou..." il n'y a pas que le rocher qui chauffe, les bras aussi.
Voici une escalade peu habituelle pour le Sappey, avec des sections morpho dans chaque longueur...


 ... agrémentées de passages bien techniques entre les points : je pense que la cotation obligatoire tape dans un bon 6b typé "dalle" (entendez par là : n'y allez pas en tongues)

 

Au loin dans les versants nord, ça ressemble à de l'hiver.
Mais de loin seulement.


Le palais des écureuils


dimanche 13 décembre 2015

Plus d'hiver depuis Belle Lurette

N'importe quoi.
De la grimpe à Presles fin décembre, même si c'est fort plaisant, ça reste n'importe quoi.

En même temps, peut être faudra-t-il s'y habituer...
Ca s'appelle le Réchauffement.


Une journée courte, une voie courte et pas trop dure : Belle Lurette au Pas du Ranc.
Ah tiens, 6a+ obligatoire et 7a max?


C'est en tous cas ce qu'annonce le topo (papier).
Et comme nous faisons partie de la race des vieux schnocks qui partent encore grimper sans avoir zyeuté un coup sur le web au préalable, la surprise sera au rendez-vous.


La longueur annoncée 7a mérite à mon avis un bon + voire ++.
j'ai dû biscuiter au 4ème essai et poser le pieds sur le spit...
Et puis le gag c'est la dernière annoncée 6b+ : Mick, pas manchot pourtant, redescend tout penaud après y avoir buté, et lorsque vient mon tour, je finis par sortir un pédale pour passer.

Je veux bien croire qu'on était pas au top de notre forme, mais quand même.
Quand au 6a+ obligatoire annoncé, j'y mettrais volontiers un 6b+.
Qu'on se le dise.


Mais une très belle journée quand même, la dernière de 2015 j'espère.
Au fait : qui est prêt à aller grimper à Presles en vélo pour diminuer son bilan carbone?
 

samedi 28 novembre 2015

Hold up et liberté

Le voici donc enfin là.
La voici donc enfin tombée.
On aurait encore volontiers lézardé dans l'été, mais il faut avouer que l'hiver c'est bien aussi.
Autres couleurs, autres plaisirs.

L'occasion est trop belle.
Pendant que les bleu-blanc-rouge sont brocardés aux fenêtres, je retiens surtout les deux premières couleurs.


Dépression de nord ouest, début de saison : vive le bon remplissage des alpages du Beaufortain.
Je monte les pneus neige à la hâte, en pensant pouvoir pousser haut en voiture. 
Que nenni : la belle est tombée bas en quantité, et les routes sont barrées au même niveau qu'en plein coeur de l'hiver.
Tant pis, ce sera du plus classique.


Premiers coups de cuisse à 9h30.
Je n'en reviens pas : les versants sont encore vierges.
J'aperçois bien une grappe de pyjamas déjà à 1500m/h sur la piste du Grand Mont, mais c'est tout.
Diantre! où sont ils donc?


La donne va donc sacrément changer, puisque je me colle à la trace dés la voiture.
Pour une première, ça s'annonce autant bon mais fatigant.
Plus je monte, plus je me rends compte que personne n'est là pour me relayer.
Au loin, 3 skieurs sont dans ma trace, mais je n'aurai pas la chance d'échanger avec eux.



Motivé par la qualité et la quantité de neige passés 1500m d'altitude, j'envisage donc la journée un peu autrement.
Je passe en mode diesel et bascule sur un autre versant me garantissant une belle boucle et du bon ski. 
Et du bon chauffage de quadriceps.


Plus loin, plus haut, la solitude continue.
J'ai beau me retourner en espérant que ma trace aura donné des idées/envies à d'autres, ce n'est pas le cas. 
Je monte de plus en plus doucement, ça tire.
A ma gauche, le Mirantin me fait de l'oeil, mais je ne me sens pas la force d'y monter.
Je m'arrête donc au colu qui descend de l'arête nord, à la cote 2282.
Pic nic, photos, téléphone, et j'encape la descente.

Et là miracle : un trace m'a suivi et file vers le couloir nord-est du Mirantin, alors même que j'avais régulièrement zyeuté dans mon rétroviseur.
Je regarde ma montre, je regarde le Mirantin...le choix est vite fait.


Je reprends donc une tranche de gâteau, et celle-ci passe plus facilement que les précédentes.
J'avais oublié que monter derrière deux traces ce n'est pas le même sport que faire la trace.
Le sommet est donc vite avalé, et je stoppe au début de l'arête mixte.
Le vrai sommet sera pour une autre fois, la vraie descente est pour maintenant.


Faire des photos de ski quand on est tout seul ce n'est pas simple, à moins de se coller une go-pro sur la tête, d'avoir l'air niais et de ramener des images minables qui en plus donnent envie de vomir à qui les regarde...
L'image ci-dessus parlera d'elle même quand à la qualité de cette première sortie de l'année.
A suivre, encore 500m. de bon ski jusqu'à la voiture, dans une forêt clairsemée remplie à souhait, sur fond de myrtilliers et rhodos.


Voilà donc ma façon a moi de "brocarder" :
jouir de cette liberté d'aller skier un jour de ciel bleu, sans qu'un fasciste barbu ou non ne puisse y redire quoi que ce soit.

Vive la Liberté!

samedi 21 novembre 2015

Une fin d'été parfaite

Alors que l'hiver est annoncé, il fallait bien honorer cette fin d'été par une falaise à la dignité suffisante.
...Céüse...


Plus grand monde par la-haut à cette saison, un temps idéal, des journées à peu près aussi courtes que l'influx dans nos bras, c'est donc parfait.


Une petite approche dans la fraicheur du matin a tôt fait de nous réchauffer les mollets.
C'est tant mieux, nous aurons besoin de mollets chauds.  


 Ne grimpant qu'à deux dans un premeir temps, nous en profitons pour partir dans quelques longueurs l'une sur l'autre.
Céuse propose aussi des petites grandes voies de toute beauté.
"Inespérance" en fait partie.


La qualité du rocher relève ici du domaine de l'extraordinaire.
4 longueurs, pas un centimètre a jeter. 
110 mètres d'escalade exceptionnelle,  avec une mention spéciale pour le mur a trous de L3 et L4 en 6c+ et 7a, qui n'ont absolument rien a envier aux plus belles longueurs du Verdon.
Majeurissime.


Et puis avant, après, pendant, au dessus, en dessous, des longueurs de couenne dans un magnifique calcaire gruyère pour compléter la chose, s'il  vous reste des doigts et des bras.
Un rocher fantastique, toujours.


Ca marche aussi en famille, pour qui est prêt a un peu de portage et de logistique pour accéder là-haut.
A la clef : la plus belle falaise du monde ;o)
Et que ne ferait on pas pour des 7a+ comme celui-ci : 50m. de bonheur et de doigts...
Et si l'hiver nous revoyait par là haut?

mardi 17 novembre 2015


mercredi 11 novembre 2015

Labyrinthe et grand écran

Hier soir démarraient les Rencontres du Cinéma de Montagne édition 2015, où était projeté le film "Passion d'ouvreur" levant un peu le voile sur Michel Piola.

Puisque le principal intéressé était sur Grenoble pour l'occasion, nous nous offrons une petite séance à Presles ensemble, juste pour profiter de la chaleur d'automne. 
Promotion oblige, il faut être rentré tôt.


Michel ne connaît pas le secteur de Choranche,  les 6 longueurs de "Labyrinthe" sont donc parfaites pour cette journée. 
Avec un fourvoyage en L1 qui change un 6a+ de chauffe en un 6b+ finaud, le reste grimpe dans le 6b / 6c, dans ce qui s'apparente à une très jolie voie sur du rocher de grande qualité. 
Gouttes d'eau, murs a réglettes, bombés a trous, fissures, on passe en revue ce que le calcaire propose de mieux.


Une journée parfaite, suivie d'une soirée non-moins parfaite : les images de Y. Boissenot projetées sur très grand écran étaient magnifiques. 
Pour le reste, je me demande encore ce qui peux motiver les "sélectionneurs" de film à accepter un 52' sur un saut au Cervin qui aurait pu (dû!) être deux fois plus court, et surtout sur un film de promo pur U.S où des free-rider qui n'ont rien d'autre à dire que de faire leur propre éloge découvrent un beau jour que l'on peut laisser l'hélico au stand et quand même faire du très bon ski : ça s'appelle le ski de rando... Bref : mais que fait ce genre de film dans un festival comme celui-ci???

Je ne suis pas certain que seul l'horaire tardif soir la cause du départ massif des spectateurs à peine le générique de fin lancé...

dimanche 8 novembre 2015

Une petite Visite à la Di Bona

Visitant le vallon d'en face il y a peu, je m'étais dit qu'il pourrait être sympathique de retourner grimper dans le vallon du Soreiller, où je n'avais plus mis les pieds depuis belle lurette...
A la faveur de cette canicule judicieusement posée à quelques jours de la grand messe mondiale sur le réchauffement climatique, c'est le bon moment.
Une isotherme 0°C posée à 4100m. comme pendant les chauds mois de juillet, devrait garantir des conditions d'escalade plutôt agréables.


A 7h00 nous voici donc à achever le petit dej au parking des Etages quand, opportunément,  Jo et Cyrille débarquent eux aussi pour aller visiter le vallon. 
En voila une bonne surprise!


 La montée se fera donc en discutant, ce qui la rend presque rapide.


Les pieds de la belle prennent le soleil alors que nous les rejoignons, le timing est parfait.


L'objectif du jour n'est pas de faire une croix, d'ailleurs je ne suis pas certain que la Di Bona se prête à ce concept... Il s'agit juste de profiter d'une belle journée dans les montagnes.
Puisque nous n'avons jamais fait "Visite obligatoire",  ce sera l'occasion d'aller y faire un tour. 
Les copains partent à côté dans Coup de Bambou histoire que l'on puisse continuer la discute.


Bon je dois dire qu'ayant un peu délaissé le granite de l'Oisans depuis pas mal d'années, les longueurs de cette fameuse "visite obligatoire" ne m'apparaissent pas transcendantes. 
Tout ici, ou presque, est un peu couché et un peu arrondi. 
Dans ce même niveau de difficulté, on trouve des perles dans le Mont Blanc.
Pour autant la grimpe déroule, et puis grimper en granite avec un simple jeu de dégaines aux fesses nous rend presque légers.

A côté, les amigos eux aussi déroulent leur partition tout aussi joyeusement que nous.


Dans le haut, ça se redresse enfin.
 Ju se promène dans L8, qui me semble être la plus belle longueur de la voie : des fissures obliques puis une grosse écaille où il faut pousser un peu.


14h00, on sort au sommet. 
Le soleil chauffe, le ciel est bleu, le vallon est désert.
On s'offre 30 mn de farniente là haut, en attendant les copains qui ont un peu louvoyé sur la fin.


Nous voici tous en haut, seuls et joyeux. 
C'est dommage : il faudra vraiment y revenir en plein juillet pour gouter le cohue.


La descente s'effectue dans une petite ambiance automnale revenue.
Un grand rappel (merci les amis) sur la rampe enneigée, et nous voici en bas.


Il n'y a plus qu'a se laisser glisser  en grandes courbes dans le mètre de poudre tombé dans la journée pendant que nous grimpions. 
Un dernier appui juste au dessus du talus projette une monstrueuse vague de fraiche sur le toit de la voiture, à l'issue d'une descente d'anthologie venant parachever cette belle journée.

Pardon, je me suis égaré.

jeudi 5 novembre 2015

Albarracin : du bloc en famille

Nous avions validé cet été dans la Val di Daone que, pour qui souhaite passer du bon temps en famille avec de petits schtroumpfs tout en touchant du rocher, la pratique du bloc est sans doute le meilleur compromis. 
La falaise? Si tous les pieds des voies étaient comme a Ablon, certainement...
La grande voie, encore moins.
La grande voie en altitude, n'en parlons même pas.

Pourquoi donc ne pas adapter sa pratique plutôt que de vouloir "faire comme si"?
Direction le sud, la douceur(?) de l'automne espagnol, et direction Albarracin.
Albarracin, c'est le fontainebleau espagnol. Une Mecque.
Comme on ne connait pas Fontainebleau, ça nous parle forcément.


Voici le camp de base.
Village médiéval somptueux de chez somptueux, quasi désert à cette époque malgré la beauté des lieux. 


Accrochées aux flancx de deux collines,  les ruelles piétonnes serpentent entre des maisons à colombage.


Sans doute hyper touristique en saison, c'est le grand calme en cette fin octobre.
Mais les bistrots et restos sont encore ouverts, et le bled regorge d'offre de locations diverses et variées à pas cher. 
Qu'on se le dise, à cette époque où la nuit tombe tôt... 


Alors oui : Albarracin, c'est très beau.


Et puis, à 3km de là, une forêt de pins, du grès qui affleure.


Alors l'érosion a pu faire son oeuvre.
Des blocs en pagaille, petits, gros, ronds, carrés, à l'envers, à l'endroit.
Des centaines et des centaines, à n'en plus finir. 


 Voilà donc le décor planté.
Le reste se résume ainsi : une semaine de grimpe fantastique (et c'est un montagnard qui parle!!!) dans une ambiance paisible, des blocs de toute beauté, des muscles qui implorent le repos, des petits qui en redemandent, des parents aussi.


Une illustration ci dessus secteur "Techos" (blocs 22 et suivants) : des avenues bordées par des merveilles de grès. du 5+ au 7c (bloc) sur moins de 50m2., et un terrain de jeu tant au sol que sur les micros blocs idéal pour les petits.


N'est ce pas Lilouenn?


Autre journée fabuleuse : secteur Arrastradero, blocs 20 et suivant.


Le grès, ce fabuleux grès que l'on grimpe trop peu souvent.
Les méduses de Jordanie, les fissures d'Indian Creek, ou les trous d'Albarracin.
Le grès serait il plus beau que le granite? vaste question. 


Techos, bloc 6. Dans un 7a+ que je parviendrai presque à sortir (mmmmppppfffff  la prise de sortie!!!!!), paré par Igna, un argentin à 200% qui passait par là.
Ah oui : différence fondamentale entre la (grande) voie et le bloc???
En (grande) voie, la présence d'une autre cordée au départ est majoritairement source de grommellements plus ou moins intériorisés, sur fond de "font ch... ceux-là, pouvaient pas choisir une autre voie, suis sûr qu'ils grimpent comme des caves, vont nous ralentir ces gros nazes..." brefs, l'autre n'est pas franchement le bienvenue.
En bloc c'est tout le contraire : dés qu'il y adu monde sur un bloc, ça devient sympa et ultra motivant dans 9 cas sur 10. 


Ici avec un couple d'espagnols bien cools, secteur Cabrerizo, dans les toits des blocs 1 et 2.
Albarracin propose à ce sujet d'incroyables toits horyzontaux de plusieurs mètres d'avancée, farcis de trous, parfois à même pas un mètre du sol... ou comment, pour nous, redécouvrir l'escalade. 
Le pire est que les cotations n'y sont même pas forcément mutantes, restant aux alentours des 7a, 7a+.
Et puis ça fait 5000 ans que ça dure, en témoignent les nombreuses gravures rupestres rencontrées ici et là.


Départs assis en dévers, sorties sur les rondeurs sommitales : la recette se multiplie ici à l'infini.


Secteur Peninsula, bloc 23.
Le bloc absolu de beauté.
Un 6c dans lequel un finlandais et moi nous excitons.
ça finira par sortir : les talons, toujours les talons...


Sur sa proue, un 6a d'anthologie qui vaut le séjour à lui tout seul.
Franchement : peut-on aimer l'escalade et résister à celà?
...


Albarracin, le bloc : une découverte pour moi, pour nous, une semaine enthousiasmante et des bras usés comme après les plus belles bambées en granite du Mont Blanc.
Dit comme ça, ça peut surprendre.
Ayez-en le coeur net : allez grimper à Albarracin :o)
Pour nous, si c'était une vraie première, ce ne sera certainement pas la dernière.
Viva!