jeudi 26 février 2015

Une journée lumineuse autour du Pic Ségure

Entre les boucles familiales, nous nous offrons une journée de ski "légers" en pères indignes que nous sommes.

Si l'insolent soleil a bien fait baissé le risque en pentes "chaudes" il a en même temps mis une sacrée gifle à la poudreuse. Dés qu'on bascule un poil au nord, tout est resté bien froid mais également bien instable, il faut donc ruser et s'adapter.

De belles pentes sont à portée de spatule mais un poil expo à notre gout.
Alors on part pour une belle et grande boucle, logique aux vues de la carte, autour du Pic Ségure.

Un sommet qu'il faut "aller chercher" si on veut le parcourir intelligemment et esthétiquement. 
A savoir : ne jamais croiser sa trace de montée en descendant, et skier les versant froids.


 Alors ce sera en boucle par le long vallon de Ségure, jusqu'aux bergeries éponymes, ou l'on frôle les 5 km de faux plat.

Très tôt, nous constatons que les multiples traces au parking ne nous gêneront guère, filant toutes vers des sommets plus directement accessibles. 
Nous sommes venus pour être tranquilles et tracer, nous en aurons pour notre argent.


Le vallon, presque monotone, devient somptueux dés lors que l'on s'approche de la bergerie.
Du beau Queyras pour nous seuls.


Contents enfin de faire nos premières conversions, nous remontons vers le Pic Ségure dans son large flanc sud ouest, qui mériterait lui aussi d'être skié tant la neige y est restée belle.
Et vierge.


C'est toujours un honneur et une joie de tracer, les skieurs le savent bien. 
Des fois plus que d'autres, sans que l'on sache vraiment dire pourquoi : un relief, une ambiance, une configuration...
Ce jour là c'est un grand honneur et une grande joie.


La solitude recherchée dans laquelle nous évoluons y est sans doute pour beaucoup.
Dernier vallon suspendu sous le sommet.
Pause méritée, menu gastronomique, le monde est refait.


L'autre partie peut commencer.
Un vaste versant nord ouest, pas l'ombre d'une trace, pas l'ombre d'une neige autre que froide et légère.
Et là on fait quoi?


Pas vraiment le choix : on est contraints à une envoyée mémorable.


En belvédère, la "meute" qui est montée à Maloqueste (les fameuses traces du parking) observent un poil incrédules ces deux joyeux qui s'offrent une tranche de glisse sous leurs yeux dans cet immense versant vierge. On ne respecte plus rien!
Franchement, que sont 5km de vallon pour une telle qualité de ski?
 

Quasi 700 mètres d'un seul jet.
Fantastique!
Vers 2350m. nous repeautons et continuons notre voyage.


Nous remontons donc en face, goguenards pendant les 5 mn où nous croisons les traces et les skieurs de Maloqueste. 
Derrière nous, le grand versant nord ouest de Ségure que nous venons de déflorer.


Les skieurs s'entassent à Maloqueste? 
Tant mieux, nous irons ailleurs.
200m. plus loin, le Cayre de l'Ours est désert, et son versant nord qui plonge jusqu'au parking avait bien entendu été repéré...


Conscients du risque niveau 3, nous ne tentons pas le diable et ne plongeons pas directement du sommet. 
Mais une belle épaule protégé permet de rejoindre le haut du torrent du Fontenil, et de basculer sous les pentes sommitales un poil chargées à notre gout.


Même sans savoir si le bas du torrent passe, il nous est impossible de résister à l'appel de cette plongée en nord. 
Un immense toboggan nous  tend les bras et nous happe littéralement vers le bas. 
On notera sur les rives les multiples traces de reptation du manteau neigeux...


Une fois encore, quelle descente!
Neige de cinéma, lumière rasante, terrain joueur...
Que demander de plus?

Ah si : un poil d'incertitude pour passer le verrou rocheux du bas.
Passera? passera pas? 
Cette question on se la pose souvent quand on part a vue dans une gorge que l'on sent se rétrécir de plus en plus...
Cette fois ça passait : le gros remplissage nous permet d'éviter un ressaut en glace par une petite gorge annexe en rive droite.  Bon remplissage nécessaire, sous peine de renfougne sanglierèsque.

Et puis le bas, c'est un délicieux petit half pipe comme on les aime lorsqu'ils sont vierges et froids.
On rejoint les pistes de ski de fond, on pousse une demie fois sur les bâtons et hop, on est dans la voiture.

Quelle belle boucle! Quel bon ski!
Une de ces journées dont on se souvient, des années après... 
Précieuse!



lundi 23 février 2015

La poudre, le soleil, les mélèzes et les schtroumpfs

Un camp de base en hiver : les Roux, au fin fond du Queyras.
Alors que, pendant que les chez nous les dépressions farcissaient les préalpes de poudre bienfaitrice, là bas c'était vache maigre. 
Piteusement, nous nous apprêtions à quitter  l'abondance locale pour la disette haute alpine.

C'était sans compter sur le célebrissime "retour d'Est", et un poil de chance aussi.
L'avant veille du départ, vlan! le retour d'Est s'invite dans le haut queyras et farcit la frontière d' 1,50 mètres de fraiche. 
Arrêté du Préfet, route fermées, tractopelles en action, bref, le grand barnum.
A 18h00, les routes sont réouvertes. A 23 heures les premières étoiles brillent dans le ciel.
Le lendemain matin, le ciel est d'un bleu insolent et le restera toute une semaine.


Peut-on skier (en rando j'entends) en famille?
Avec de la motivation et de l'énergie, oui, bien entendu.
Et en choisissant plus que jamais les pentes, of course.


3 bébés, un petit gars et 4 parents, ça fait combien de skis?
Pas tant que ça, par contre ça fait du monde.
Le Queyras se prête à merveille a de petites sorties familiales mais néanmoins superbes.


Superbes car en regardant un peu les cartes, les montées au soleil se combinent toujours avec des mélezins restés froids. 
Ci dessus, Tilio et sa mère font parler les Atomic.


Superbes car familiales. 
Simon, 10 ans, à sa première trace.
Où l'on devine le plaisir d'un enfant d'accompagner son père vers ce qu'il aime.
Où l'on devine le plaisir d'un père de voir son fils tracer son chemin.



Est-ce inconscient?
Quand les choses sont bien préparées, je ne crois pas que ce le soit.
Est ce "bon" pour les enfants? 
D'être avec leurs parents, oui. D'être avec leurs parents dans ce qu'ils aiment, encore oui. 
De voir leurs parents heureux d'être ensemble, re-oui.
Avant qu'ils ne soient trop lourds pour être portés et en attendant qu'ils soient suffisamment grands pour se porter, profitons de ces quelques hivers où cette expérience est possible.

Je suis surpris de voir le nombre de parents skieurs qui n'emmènent pas / n'ont jamais emmené leurs petits découvrir cela. 
Savent ils seulement ce qu'ils ratent?
C'est sur que "s'échapper-en-laissant-maman-a-la-maison-avec-les-petits-car-c'est-tellement-mieux-pour-eux-et-surtout-pour-soi" est aussi un mode de faire...


Grâce à un loueur local qui a l'intelligence de proposer du matos de rando pour les enfants, nous passerons le plus clair de notre temps tous ensemble.
4 sorties, 4 belles promenades sur les "chamechaude" du coin, mais quasiment toujours à faire la trace, à la descente tout du moins.


Avec des hauts, avec des bas...
Pas toujours évident à 10 ans, même quand l'envie est là, de faire "comme les grands".


Les super papas ont toujours une solution : une sangle, deux sandows glanés dans le coffre et hop, direction les sommets.


Les joies...


les belles pentes...


... et les belles courbes.
Vive la rando en famille, les  belles réalisations ne se cotent pas forcément qu'en 5.4 E4...