lundi 2 mars 2015

Les bonnes forêts d'Outray

Je l'aime bien celle-là :
un grand versant ouest, un poil de pente, de multiples possibilités, et des conditions garanties. 
Par fort risque, ou non, on pourra aller s'y défouler les spatules à foison, loin de foules qui plus est, ce qui devient un luxe en Beaufortain.

Après l'insolent soleil des sorties précédentes, place au gris.
Quand le terrain s'y prête, j'adore sortir dans cette ambiance ouatée et silencieuse, où le jeu consiste aussi à se fondre dans le grand calme qui suit les chutes de neige.


 Les pénitents sont toujours là; salut à vous, gardiens du versant!


Même sous les épicéas les plus denses, la neige est passée. 
Ce qui est bon signe pour la suite quand on connait leur tendance à tout garder pour eux, à la différence de leur cousin mélèze.


Nous y voici, dans ces forêts clairsemées, où tout est fait pour du bon ski.


30cm posés sans vent, une ambiance presque alaskaïenne, et nous qui montons bien plus loin que je ne le pensais. Arrivés sous le sommet, la croix nous tend les bras. Le petit couloir qui y débouche me semble trop chargé, et le sommet sans doute bien venté.


Alors nous nous posons.
Incroyable : j'avais oublié du champagne et des coupes dans mon sac. 
Alors pour ne pas trop se charger à la descente, nous sommes obligés de le boire, là, accompagné d'un délice de framboises comme seul Frambiola sait les faire.


Enhardis par les petites bulles, les courbes se négocient encore mieux.


Et puis comme il y a de la place on peut s'amuser.


Entrée dans la zone boisée : un grand cru millésimé, comme d'habitude ici.
Du tout bon!


ça doit ressembler à ça le ski champagne.
Santé!

dimanche 1 mars 2015

Il aura fallu attendre...

Il aura fallu attendre bien longtemps avant cette première virée de la saison dans mon Beaufortain presque natal!
Un début d'hiver sans neige, puis de la neige en pagaille mais occupés ailleurs, et au final on arrive fin février sans avoir eu le temps de dire ouf.
Pour moi qui ai appris à skier sur les pentes vertigineuses de Bisanne (sic!) et qui ai commencé la rando a ski sur les pentes non moins vertigineuses du Grand Mont, un hiver ne peut se passer sans du ski là-bas.

Retour du Queyras, 10 jours de soleil + vacances = pas gagné d'y trouver de la bonne neige vierge.


Il faut donc "aller loin" -à savoir, hors des classiques et au dessus/delà de la limite par laquelle les hors pisteurs peuvent aller par gravité-.
Allez : passé un première section un poil tracée, on se retrouve vite seuls comme prévu.


Une grande boucle, du paysage, du soleil. 
Je pense y venir tous les ans et tous les ans c'est la même ambiance : juste beau.


On chauffe un peu, on remonte, et puis on se laisse glisser sur une épaule qui doit nous mener vers une belle face ouest, raide et reculée à souhait pour ne jamais être tracée.
 Bingo c'est vierge! Pas Bingo, c'est pas assez rempli : l'anticyclone, même en ouest, a fait du pal malgré les grosses chuttes passées. 
Dans les faces rocheuses, les cailloux affleurent trop.
Pas envie de nous en coller une, nous bifurquons.


Moins raide que prévu...


 ... mais toujours vierge et en neige froide :o)



C'est pas mal non plus finalement.


On remonte vers la civilisation, on retrouve les traces, et du coup la deuxième face ouest qui devait boucler la boucle ne me dit rien qui vaille : plus rocheux, plus raide... on attendra un prochain wagon de chutes de neige pour aller y grenouiller.


Plus moyen de bricoler, nous sommes obligés de rejoindre les traces des classiques.
Milieu d'après-midi, le vent qui s'est levé, nous sommes malgré tout biens seuls dans cette ambiance redevenue hivernale.
Alors on zippe les veste, on bloque les talons et on file rejoindre les nôtres.