vendredi 30 décembre 2016

Glace du pauvre à Cogne

On savait bien que ça risquait de ne pas être les conditions du siècle, mais nous sommes quand même allés du côté de Cogne pour aérer nos Nomics et purger notre foie.
Le bilan est bien maigre.
Les belles lignes qui suintaient de partout lors de notre précédent séjour faisaient toutes peine à voir, même si nous avons trouvé de quoi nous occuper.
Pas le moment de planifier 10 jours sur place...


Ne nous montrons pas trop gourmands et prenons ce qu'il y a à prendre


Les lignes formées étant très peu nombreuses, il faut savoir partager.


Tout ceci se faisant dans une étonnante ambiance bon-enfant.
Plutôt sympathique donc.


L'eau qui coule n'est pas loin.
Je me souviens des -13°C au parking lors de notre dernier venue.
Cette fois-ci il fait 3°C.


La déconfiture dans "Tuborg", là même où nous avions grimpé une magnifique draperie au soleil.
Tant pis pour cette année...


Mais bon, le lieu est toujours aussi sympathique et même si ça n'est pas du grand millésime, le contrat est rempli.

lundi 19 décembre 2016

Yeah!

Back from the States.
Le non-ski ne nous a pas trop manqué, merci


vendredi 11 novembre 2016

Trois fois rien


Ladray, 1200m.
Petite visite qui devait simplement être "logistique" et qui se révélera rocambolesque.
Quelques clichés à l'i-phone, une fois n'est pas coutume.


Quand on commence à ne plus voir le haut de la rambarde de la terrasse, c'est qu'il y en a non?


 80cm relevés ce jour à 1200m., pas de doute : on est sur une pure AOC Beaufortain
Et comme dit Lilouenn (4 ans)
"On se lève, on met les skis, et hop"
...
Et hop

jeudi 3 novembre 2016

Dans le Verdon, tout est bon

J'avais dû m'oublier...
Je n'étais plus retourné grimper au Verdon depuis un fantastique dernier séjour
soit il y a plus de 5 ans, alors que cet endroit constitue, avec le Mont Blanc, ce que je connais de mieux en matière de grimpe.

Pourquoi 5 ans d'attente?
Quelques menus changements survenus depuis 2011, et puis du temps qui passe en prétextant que la route est longue pour y aller.
Cet endroit me manquait, je le savais.
Ce que je ne savais pas c'est combien serait grand le plaisir d'y retourner.
La magie du Verdon a de nouveau opéré.


Tout commence par une ambiance.
Du gaz, du calme, du gris et du jaune, des petits matins magiques à l'automne.


Et puis c'est surtout du rocher.
Un rocher unique, un rocher qui bouffe les doigts, prend les tripes, martyrise les pieds et affole le cervelet.


Il faut se lancer pour pouvoir en profiter.


Alors on plonge dans l'écrin du Verdon, et le jeu consiste assez simplement à remonter d'où l'on vient.


Les voies pullulent, et un véritable renouveau est à l'oeuvre depuis une dizaine d'années dans ces gorges qui auraient pu mollement se muséifier avec le temps.
Que nenni ! 
Des locaux -et pas que- continuent ici et là de tracer des voies nouvelles dans des secteurs moins "prestigieux" des gorges mais tout aussi grimpant.


Rocher de rêve, escalade technique, solitude absolue.


3 jours, 3 voies. 
Il faut gérer la durée, surtout pour nos pieds plus trop habitués à devoir pousser le bonhomme jusqu'en haut.


Alors on gère, à notre rythme.
Ne pas trop s'enflammer sous peine de repos forcé le lendemain.


Encore des longueurs d'anthologie, de celles qui font penser que les Dieux de la Terre et les Déesses de l'Erosion ont forcément été grimpeurs un jour.
Ce n'est pas possible autrement.


Alors voilà. 
J'ai mis fin a 5 ans de disette verdonesque, et j'ai mesuré combien il était injustifiable de ne pas y aller grimper plus souvent. 
Qu'Ula daigne me pardonner, je ne le referai plus.


26 belles longueurs effectuées ce séjour avec, par ordre d'apparition :
- Voyage au gré du gris (6c+)  : de très belles longueurs et de moins belles
- Le fils de l'haltère et du pan (6c) : majeurissime
- Zigo Zago (7a) : bellissime

Grand merci à Fred de m'avoir accompagné pour ces retrouvailles, et au pote de Fred (Salut à toi) pour le logement à La Palud.


lundi 24 octobre 2016

Prélude au changement

La vie s'annonce ... "renouvelée"...
Et comme le Changement ça ne fait pas qu'en un claquement de doigts, le temps a tendance à un peu filer ces temps-ci.
Mais c'est pour en jouir d'avantage demain.

Au gré des ballades, des escapades, des grimpes, l'automne demeure la saison des couleurs chatoyantes.





Jamais automne n'aura été aussi excitant et rempli d'inconnu.
Qui n'a jamais rêvé de "changer de vie"?

lundi 12 septembre 2016

Une Devies-Gervasutti en dessert

A l'issue de ce bel été où quelques "menus changements personnels" -j'y reviendrai- ont favorisé mon retour à la montagne, il était bien tentant de transformer l'essai et de partir sur un plus gros projet, fort des quelques séjours passés à brasser en altitude. 
Se sentir physiquement prêt et mentalement désireux ne m'était pas arrivé depuis fort longtemps.

La Devies-Gervasutti à l'Ailefroide occidentale fait partie des belles courses qui entretiennent l'imaginaire de l'alpiniste amateur.
C'est, je crois, la n°98 dans "les 100 plus belles" de G.Rébuffat.

J'imagine qu'à la faveur de cette canicule automnale, la voie doit être en top conditions : pas de glace dans les "dalles grises", qui en constituent le passage clef.
Peut être des chutes de pierre? 
Pas certain car en altitude et en nord, le regel d'un mois de septembre n'est pas une illusion.


Nous refaisons donc les sacs une dernière fois pour cette saison, en bousculant nos agendas respectifs.
Montée à Temple-Ecrins + repérage de l'approche et de la face au delà du refuge, y'à plus qu'a se lever et feu!
Le réveil sonne a 3h, à 5h30 nous grimpons.
Il fait encore nuit noire. 


Quelques indices me / nous titillent, mais nous poursuivons, presque sûrs de nous.
Le jour se lève, et les doutes grandissent malgré les quelques pitons/relais croisés.
Quand enfin la vue se dégage à la faveur d'un éperon passé, et que je vois à notre droite le Glacier Long tout proche, trop proche, je comprends : nous ne sommes pas, mais alors pas du tout au bon endroit.


Mais comment peut-on se tromper à ce point?
La veille : repérage de l'approche, repérage de la face, mais oubli de repérage pour la petite traversée entre la fin de l'approche et l'attaque. 10 mn d'un glacier débonnaire qui, dans la nuit noire, vous envoient en un rien à l'opposé de la où il faut aller.
De vrais bleus!!!


Dépités, nous sommes dépités : disponibles, en forme, motivés, voilà cette belle voie qui nous échappe pour une bête erreur de débutants.
On redescend comme on peut du bouzin, et on rentre penauds au refuge en rejouant 100 fois dans nos têtes ce qu'on aurait dû/pu faire.
Grosse déception.
Nous sommes jeudi, il fait grand beau et on s'apprête à redescendre à Grenoble...


"Vous n'avez qu'à rester et y retourner demain" nous dit malicieusement Marie, la gardienne du refuge.
(...)
glurps!
Sommes-nous toujours motivés? 
Oui, encore que : il est difficile de se remotiver pour une telle entreprise après un but pris, l'esprit ayant tendance à vite partir musarder du coté des plaisirs "d'en bas". Du moins pour un être normalement constitué (notion bien relative).
Est-ce "logistiquement" possible?
Bien sûr quand on vit en hermitte, tout est possible.
Quand on souhaite vivre épanoui entre compagne et enfants, c'est différent. 
Nos femmes sont les meilleures, on le sait; après quelques échanges téléphoniques ici et là, c'est calé.

Ailefroide, nous revoici!

Nouveau réveil a 3h00, nouvelle approche casse-pattes, cette fois nous sommes à la bonne attaque.
S'en suivent 15mn de doutes existentiels dans la nuit noire. 
Assis sur la vire de départ, je suis pris d'un violent mal des rimayes. J'ai cru que j'avais complètement retrouvé la motivation, mais à ce moment là je n'en suis plus du tout certain.
Partir là-dedans sans envie n'a aucun intérêt.
Puis Steph trouve les mots, et à 6h00 nous plaçons notre premier camalot


Le grand dièdre de départ est vite avalé, le rocher y est bon, l'itinéraire sans ambiguité.
Au petit jour, nous traversons le "grand couloir", dégueuloir géant où il ne ferait pas bon organiser une barbecue du 14 juillet sous peine de finir aussi rabougris qu'une merguez trop grillée. 
2mn pieds au plancher pour vite passer, bien que nous n'ayons vu ni entendu aucun signaux d'alerte.


Passés sans encombre, nous attaquons la section dite du "Bastion".
Là encore, itinéraire logique et évident, dans du bon rocher.
Je suis même surpris par sa qualité, car nous sommes quand même sur un des plus beau tas de cailloux de l'Oisans.


Nous grimpons aussi rapidement que possible et faisons tout à corde tendue, sauf quand le leader se retrouve à sec.
L'utilisation d'une poulie autobloquante judicieusement placée par le leader après les passages durs est une technique redoutablement efficace pour ne pas stopper la cordée.
Nous montons vite et rejoignons le passage clefs, celui des "dalles grises"


Passage clefs car surplombé d'une vire infâme où la neige qui s'accumule et qui fond peut transformer les dalles en une belle patinoire. 
3 grandes longueurs de vraie grimpe nous attendent, et le chrono ralentit : 
si les protections existent ou sont possibles, il faut grimper intelligemment sous peine de grosse exposition.
Nous croisons un "gollot de 3mm", trace de la première hivernale en 1976. 
Autant dire que les (micro)coinceurs sont bienvenus.
Ce jour là, les dalles sont en condition idéales : quasi pas une trace de glace.
Yes!


Au-dessus, la "vire en arc de cercle" nous déporte sur la droite de la face.
Le terrain est moche à souhaits, mais là-encore complètement sec : nous pouvons donc marcher vers la droite sans trop de problème. 
J'imagine la même chose partiellement enneigée / glacée, ça doit carrément changer la donne.

A noter à la fin de la vire : ascension d'une première cheminée glacée (passage possible dans une fissure écaille a droite), débouché sur un colu (ce que ne disait curieusement pas le topo C2C) et continuer vers une deuxième cheminée (grimpée en son axe ce jour).


Une nouvelle grande traversée à gauche nous amène (après avoir contourné un "nez" caractéristique) sous le dièdre géant qui conduit à la sortie.
Deux longueurs nous attendent dans une cheminée étroite, encore un peu gelée même en cette fin d'été.


L'ambiance là-dedans n'invite pas à la flânerie.
Dans les faits l'escalade n'est pas vraiment difficile et le rocher plutôt sain.


Une troisième longueur mène à la fin de ce grand dièdre et permet de passer sous l'impressionnant toit du sommet.
Enfin, enfin, la quille semble proche, à portée de mains.


Nous reprenons à corde tendue pour les derniers 80 mètres d'ascension.
Le rocher est pourri, la précaution est de rigueur.

16h00, nous sommes au sommet.
Notre émotion d'être là tous les deux est grande, sans doute à la hauteur du défi que nous nous sommes l'un et l'autre lancés pour 2017...

Mais l'Ailefroide est l'Ailefroide : y monter c'est bien, en redescendre c'est mieux.
Nous avons en tête la redescente par la normale de l'Occidentale, puis remonter au col de l'Ailefroide pour basculer versant Pilatte et rentrer à la Bérarde.

Nous ne sommes donc pas rendus.
Il faut speeder, je range l'appareil photo.

Nous ferons 3 constats :
- la redescente par la normale prends du temps : compter environ 1 heure de parcours d'arêtes puis 1 heure d'éboulis paumatoires / rappel pour rejoindre le glacier. En théorie ça passe sans rappel, dans les faits nous en avons fait 2 sur le bas : 15 m + 30 m. Ou passe la vraie voie sans rappel, mystère...
- la remontée par le col d'Ailefroide est une belle pente de glace grise, et nécessite donc un vrai piolet/vrais crampons par personne. Nous avons un piolet pour deux et Steph a des crampons alu. Donc on oublie et on vise le Sélé (du coup, peut être pas d'intérêt de descendre par l'Occidentale) 
- le bulletin de MF de la veille nous annonçait quelques cumulus "sans conséquence" sur les hauts sommets de l'Oisans. A 20h30 les premières gouttes tombent, à 20h45 il se met a flotter méchamment, à 21h00 les premiers coups de tonnerre se font entendre.

La descente sur les moraines géantes du vallon du Sélé de nuit sous la flotte est donc un calvaire.
Dans la nuit noire, nous apercevons 2 frontales au refuge du Sélé.
Eux aussi nous voient, heureusement. 
Jusqu'au bout, ils nous guideront pour nous permettre de trouver le vieux refuge d'hiver et sans eux nous aurions échoué dans la vallée à minuit, trempés jusqu'aux os. Si vous lisez ces lignes, grand merci à vous.
Trempés, usés, nous nous réfugions dans l'abri et nous offrons un repas chaud à moindre poids (merci  les Lyophs!).

Sommeil.


Au matin nous redescendons vers la vallée.
Retrouver le soleil après 36 heures d'ombres et de noir est une jouissance profonde.

Merci Steph pour cet inoubliable voyage.
Merci à nos femmes de l'avoir rendu possible.

lundi 5 septembre 2016

Un Rasta Metal couleur citrouille.

Il fait beau, il fait résolument beau, il fait irrésistiblement beau.
Comme j'avais mis en route une lessive au refuge d'Argentière il y a 10 jours, il fallait remonter l'étendre pour que tout ça sèche au soleil.
A moins que ce soit pour me consoler de cet été passé sans un séjour aux Dorées  (sniffff)

Après avoir terminé le travail au Pirate, pourquoi pas terminer celui commencé dans Rasta Metal?
Il y a quelques années, les gouttes nous avaient fait faire demi tour.
Allez, vendu pour cette fois.


Là où j'avais laissé les choses il y a 5 ans, le beau dièdre en 6b+ de L3. 
A noter pour L2 : un équipement pour le moins curieux oblige théoriquement à redescendre en fin de longueur, pour prendre pieds au bas du dièdre à R2; 
plutôt que de monter/descendre, je vous conseille de faire une traversée à droite (bonne protection possible au départ) sur environ 4 mètres, qui débouche aux pieds de la désescalade théorique. 
Curieux que les ouvreurs n'aient pas fait ce choix, plus logique et limitant le tirage.


Mick et les joies du Dulfer... 
La seule longueur où le rocher tire au gris.


Partout ailleurs, c'est du orange citrouille vif à souhait.


Passés deux beaux dièdres, une longueur plus tranquille amène à un beau 6c, le clou du spectacle...


... dont on ne verra rien car dérobé de l'oeil du photographe.
Tant pis, c'était très beau.


Encore quelques pétales de citrouille et c'en est terminé.


Le retour à R0 et ses bières fraîches est terrible.
Nous sommes contraints d'y passer.


lundi 29 août 2016

"Trop de couleur nuit a l'attention..."

Jacques Tati le disait et je trouve ceci tellement vrai.
"Trop de couleur..."

Les ciels bleus de l'été ne doivent pas nous distraire de l'essentiel.